Maroc : l’islamisme fait peur

- 09h55 - Maroc - Ecrit par :

Le pouvoir espère marginaliser les groupes islamistes avant les élections législatives, fin septembre.

On savait que, fuyant l’Afghanistan, des islamistes maghrébins étaient retournés en Algérie et certains en Tunisie. Le Maroc avait été, disait-on, épargné. Ce n’est manifestement pas le cas. En mai, dans ce pays où la police reste très vigilante, les autorités démantelaient un miniréseau de trois Saoudiens lié à Al-Qaeda et soupçonné de vouloir s’en prendre aux bateaux de l’Otan croisant dans le détroit de Gibraltar. Puis, début août, trente islamistes appartenant à deux groupuscules salafistes radicaux, le Takfir wa al-Hijra et le Jihad Salafiya, étaient arrêtés dans différentes régions du royaume. L’un d’eux aurait avoué l’assassinat d’un jeune notaire, jeté dans un puits, près de Casablanca. A Alger, le quotidien Le Matin faisait état d’un communiqué d’un mouvement inconnu qui enjoignait aux islamistes marocains d’utiliser la violence et de s’en prendre aux forces de l’ordre. Vraie ou fausse revendication ?

Crainte des autorités
Certes, ces groupuscules ne comptent qu’une poignée d’adeptes. Le Jihad Salafiya compterait 400 militants, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique. Mais il aurait fourni aide et assistance aux trois Saoudiens d’Al-Qaeda. Si la mouvance islamiste légale condamne toute violence, les autorités restent vigilantes à la veille des élections législatives du 27 septembre. Le pouvoir espère que, dans ce pays qui déteste la violence, la découverte de ces groupes radicaux va détourner les électeurs de l’islamisme, même modéré. Peut-être

Le Point

  • Le Maroc fait le ménage dans les mosquées

    Pas d'utilisation des mosquées « à des fins électorales » : à trois semaines des élections législatives prévues le 27 septembre - les premières du règne de Mohammed VI -, les autorités marocaines multiplient les avertissements à l'encontre des islamistes. Et semblent décidées à porter un coup d'arrêt au prosélytisme des imams.

  • Les "émirs de sang" font leur entrée sur la scène marocaine

    Le récent démantèlement d'un réseau d'une trentaine d'islamistes, accusés de crimes d'inspiration religieuse, alimente depuis une semaine le débat politique et médiatique au Maroc, un pays jusque-là épargné par la violence intégriste.

  • Elections 2002 : Le roi Appelle à la transparence et à la mobilisation

    Le roi du Maroc Mohammed VI a appelé mardi à "une mobilisation nationale" pour l'organisation des élections législatives du 27 septembre dans un discours à l'occasion du 49eme anniversaire de "la Révolution du roi et du peuple", marquant l'exil du roi Mohammed V.

  • "Rapport secret" sur les islamistes marocains de l'étranger

    Les autorités du Maroc ont élaboré un "rapport secret" sur l'activité des islamistes marocains de l'étranger en les classant selon des critères de "dangerosité", a rapporté dimanche l'hebdomadaire Demain Magazine.

  • La police marocaine multiplie les saisies de matériel de propagande islamiste

    La police marocaine multiplie depuis plusieurs jours les saisies de matériel de propagande islamiste, alors que plusieurs partis politiques et associations appellent à une "mobilisation citoyenne" face à l'émergence d'un islamisme radical dans le royaume, apprend-on vendredi de sources officielles.

  • Le Maroc enquête sur une série de crimes d'inspiration religieuse

    L'enquête sur l'assassinat d'un jeune notaire à Casablanca (100km au sud de Rabat), égorgé en septembre 2001 par un groupe d'extrémistes islamistes, a révélé l'existence d'une vague d'attentats à travers le Maroc contre des personnes jugées "impies", rapporte la presse marocaine du week-end.

  • Mohammed VI a gagné son pari

    Les élections législatives confirment la démocratisation du royaume. La percée des islamistes est un avertissement sans frais des électeurs aux autorités.

  • Islamistes en liberté très surveillée

    L'été aura été chaud. Zohra, étudiante à Casablanca, a eu très peur. « Pour moi, le Maroc est une terre de tolérance. Et j'ai toujours pensé qu'on était à l'abri des islamistes grâce au roi, Amir el-Mouminin (commandeur des croyants, ndlr).

  • De Kaboul à douar Sekouila, la saga sanguinaire du “salafisme jihadiste”

    Youssef Fikri et ses complices sont les enfants tardifs du salafisme jihadiste, mouvement islamisme radical, forgé à l'ombre des combats des Moujahidines d'Afghanistan. Retour sur la genèse d'un mouvement qui frappe aujourd'hui aux portes du Maroc.

  • Offensive contre l'islamisme radical au Maroc

    Cinq peines capitales requises au Maroc contre des membres présumés d'une "cellule" d'Al Qaïda marquent un point d'orgue dans une offensive conduite par les autorités du royaume contre l'islamisme radical et le terrorisme.