Maroc : l’islamisme fait peur
Le pouvoir espère marginaliser les groupes islamistes avant les élections législatives, fin septembre.
On savait que, fuyant l’Afghanistan, des islamistes maghrébins étaient retournés en Algérie et certains en Tunisie. Le Maroc avait été, disait-on, épargné. Ce n’est manifestement pas le cas. En mai, dans ce pays où la police reste très vigilante, les autorités démantelaient un miniréseau de trois Saoudiens lié à Al-Qaeda et soupçonné de vouloir s’en prendre aux bateaux de l’Otan croisant dans le détroit de Gibraltar. Puis, début août, trente islamistes appartenant à deux groupuscules salafistes radicaux, le Takfir wa al-Hijra et le Jihad Salafiya, étaient arrêtés dans différentes régions du royaume. L’un d’eux aurait avoué l’assassinat d’un jeune notaire, jeté dans un puits, près de Casablanca. A Alger, le quotidien Le Matin faisait état d’un communiqué d’un mouvement inconnu qui enjoignait aux islamistes marocains d’utiliser la violence et de s’en prendre aux forces de l’ordre. Vraie ou fausse revendication ?
Crainte des autorités
Certes, ces groupuscules ne comptent qu’une poignée d’adeptes. Le Jihad Salafiya compterait 400 militants, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique. Mais il aurait fourni aide et assistance aux trois Saoudiens d’Al-Qaeda. Si la mouvance islamiste légale condamne toute violence, les autorités restent vigilantes à la veille des élections législatives du 27 septembre. Le pouvoir espère que, dans ce pays qui déteste la violence, la découverte de ces groupes radicaux va détourner les électeurs de l’islamisme, même modéré. Peut-être
Le Point