Maroc : La pression monte, les supporters retiennent leur souffle
La Coupe d’Afrique des Nations bat son plein au Maroc, mais l’atmosphère dans les rues diffère radicalement de l’édition précédente. Entre pression du résultat pour le pays hôte, météo hivernale et fan zones parfois clairsemées, cette CAN se distingue par son sérieux, loin de l’exubérance festive de la Côte d’Ivoire.
À Marrakech, les terrasses des cafés vibrent, mais différemment. Au Grand Hôtel Tazi, le décor des années 1920 n’a pas bougé, mais les yeux des hommes sont rivés sur les écrans. Le but contre la Zambie déclenche une explosion de joie dans les cafés de la ville. Les clients célèbrent bruyamment ce moment. Une ferveur authentique qui ne nécessite aucun artifice.
Une CAN sous haute tension pour le Maroc
Contrairement à la fête insouciante de la Côte d’Ivoire en 2024, où les maillots orange inondaient les rues dans une ambiance de carnaval permanent, le Maroc semble retenir son souffle. L’enjeu est colossal : gagner une deuxième étoile après celle de 1976. Cette attente crée une tension palpable. Chaque but est un soulagement plus qu’une joie, une étape validée vers un destin qui semble tracé mais impératif pour justifier les investissements massifs, indique The New York Times.
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Cette pression se ressent jusque dans les tribunes. Si les matchs des Lions de l’Atlas enflamment les stades et les fan zones comme celle de Bab Jdid, l’engouement retombe vite pour les autres affiches. À Marrakech, lors du match Algérie – Guinée équatoriale, l’immense fan zone prévue pour des milliers de personnes sonnait creux, occupée par seulement quelques centaines de spectateurs silencieux sous le regard des montagnes de l’Atlas enneigées.
L’hiver nord-africain et la logique sportive
L’autre grand changement, c’est la saison. Jouer en hiver en Afrique du Nord change la donne. Fini la chaleur moite d’Abidjan, place aux « grands manteaux » et aux nuits fraîches, même si le soleil brille en journée. Cette météo, plus proche des standards européens, semble favoriser la logique sportive.
Sur le terrain, pas de surprises majeures pour l’instant. Là où la CAN 2024 avait offert son lot de chocs et de renversements dès la phase de poules (la déroute ivoirienne face à la Guinée équatoriale, l’élimination de l’Algérie par la Mauritanie), l’édition marocaine se déroule sans accroc pour les favoris. Les pelouses impeccables et les infrastructures de haut niveau permettent aux stars évoluant en Europe de jouer dans des conditions optimales, rendant la compétition plus “ordonnée”, presque trop sage.
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Si cette conformité se poursuit, elle pourrait bien pavé la voie royale attendue pour le Maroc. Mais attention, en football comme dans l’ambiance des gradins, la température peut monter très vite.