Le Maroc produit sept fois moins de pastèques que l’Algérie, mais engrange 436 fois plus à l’export

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : Betty de G.

L’Algérie a récolté 2,52 millions de tonnes de pastèques en 2024, contre 339 454 tonnes au Maroc. Mais sur les marchés internationaux, le rapport s’inverse brutalement : les ventes marocaines ont atteint 94 millions de dollars, soit 436 fois la valeur enregistrée par l’Algérie.

Les dernières données de FAOSTAT montrent que la production algérienne de pastèques a atteint exactement 2 520 724 tonnes en 2024. Le Maroc en a produit 339 454 tonnes, soit 7,4 fois moins que son voisin.

Le Royaume n’occupe que la cinquième place parmi les producteurs arabes, derrière l’Algérie, l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Tunisie. Sa récolte a également diminué de 26,6 % en un an, après avoir atteint 462 720 tonnes en 2023. Cette baisse intervient dans un contexte marqué par les restrictions imposées à la culture de la pastèque pour préserver l’eau.

Sur Bladi.net : Pastèques : le Maroc chute dans le classement mondial

La différence devient pourtant spectaculaire lorsque les deux productions franchissent les frontières. Les statistiques 2024 d’UN Comtrade comptabilisent 113 683 tonnes de pastèques exportées par le Maroc, pour une valeur de 94,04 millions de dollars.

L’Algérie, malgré une récolte plus de sept fois supérieure, n’en a officiellement exporté que 275 tonnes, pour 215 549 dollars. La valeur des ventes marocaines à l’étranger est ainsi 436 fois plus élevée et leur volume 414 fois supérieur.

Une pastèque marocaine sur trois prend le chemin de l’étranger

Rapporté à la production nationale, le contraste est encore plus saisissant. Le Maroc a exporté l’équivalent d’environ 33,5 % de sa récolte de 2024. Pour l’Algérie, les expéditions déclarées représentent à peine 0,011 % de la production. Autrement dit, la filière algérienne alimente presque exclusivement son marché intérieur, tandis qu’une part importante des pastèques marocaines est destinée aux clients étrangers.

Cette orientation place le Maroc au sixième rang mondial des exportateurs en valeur, derrière l’Espagne, le Mexique, l’Italie, les États-Unis et les Pays-Bas. Le Royaume concentre aussi 67,8 % de la valeur des exportations de pastèques déclarées par les pays arabes disposant de données pour 2024. L’Algérie apparaît, elle, au 71ᵉ rang mondial.

L’écart ne vient pas principalement du prix. La valeur moyenne déclarée atteint environ 0,83 dollar le kilo pour les exportations marocaines, contre 0,78 dollar pour les expéditions algériennes. Il s’explique donc surtout par la capacité du Maroc à acheminer sa production vers les grands marchés européens, notamment la France, devenue le premier débouché de la pastèque marocaine.

Ces statistiques mesurent uniquement les exportations officiellement enregistrées par les douanes. Elles ne permettent pas d’évaluer la consommation intérieure, les circuits informels ni les bénéfices réellement réalisés par les producteurs. Le montant de 94 millions de dollars correspond à la valeur commerciale déclarée, et non au profit net de la filière marocaine.

Sur Bladi.net : Maroc : les exportations de pastèques en chute libre

L’année 2024 n’a pourtant pas été favorable au Maroc : la valeur de ses exportations de pastèques a chuté de 48,2 % par rapport à 2023. Mais même après cette division presque par deux, le Royaume est resté sixième mondial et largement premier dans le monde arabe. L’Algérie domine les volumes récoltés ; le Maroc, lui, transforme bien davantage ses pastèques en recettes d’exportation.