Le Maroc branche tout le pays au gaz
Au Maroc, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable entend hisser la part du gaz naturel à 30 % du mix énergétique d’ici 2030.
Le Maroc s’active pour la mise en œuvre du gazoduc transatlantique avec le Nigeria. La réalisation de ce mégaprojet, ajoutée à l’exploitation de gisements potentiels de gaz dont dispose le royaume, devraient lui permettre d’atteindre l’autosuffisance énergétique d’ici 2030.
Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP) intéresse les États-Unis qui ont déjà annoncé leur intention de participer activement à sa réalisation, a laissé entendre Wale Edun, ministre nigérian des Finances et de la coordination, à l’issue des entretiens bilatéraux tenus lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale à Washington. « Les échanges ont souligné l’importance de maintenir un dialogue soutenu pour mieux faire connaître les réformes économiques en cours au Nigeria et accroître la confiance des investisseurs », a déclaré en substance le ministre, mettant en avant l’intérêt particulier des États-Unis pour le Nigeria-Morocco Gas Pipeline.
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Le Maroc veut s’imposer comme un producteur mondial d’énergie pour répondre aux besoins de l’Europe, exacerbés par les guerres de l’Ukraine et de Gaza. Le royaume est sur la bonne voie et s’emploie à respecter les « trois règles d’or » de la sécurité énergétique à savoir la diversification, la prévisibilité et la coopération, rappelées le week-end dernier par le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, lors du lancement du sommet international sur l’avenir de la sécurité énergétique à Londres. Ainsi, le royaume a diversifié ses sources d’approvisionnement et ses chaînes logistiques, est conscient de la nécessité d’adopter des politiques à long terme, tout en attirant les investisseurs, et reste ouvert aux partenariats avec les États-Unis, la Chine ou la Russie.
Le 23 avril 2025, à l’occasion de la Conférence de l’énergie à Ouarzazate, Leila Benali, la ministre marocaine de la Transition énergétique a annoncé que son département a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour le développement d’infrastructures gazières au Maroc. Le projet consiste en la construction d’un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) à Nador West Med, relié à un réseau de gazoducs alimentant les zones industrielles de Kénitra à Mohammedia. La mise en service d’un premier terminal à Nador est prévue pour 2026-2027. Un second sera installé sur la côte Atlantique, avec un prolongement stratégique vers Dakhla, dans le Sahara marocain, région dédiée pour les industries émergentes.
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Bien avant la crise ukrainienne, le Maroc avait signé en 2021 des contrats à long terme avec l’Espagne pour acheminer sur son territoire, via le gazoduc Maghreb-Europe en sens inverse, du GNL acheté sur le marché international puis transformé dans les usines de regazéification espagnoles. Par ailleurs, plusieurs puits de gaz ont été découverts dans le royaume ces dernières années, révélant son énorme potentiel de gaz. La société britannique SDX Energy a mené un vaste programme de forage actif dans les concessions du bassin du Gharb, zone de production principale actuelle, avec un taux de réussite de plus de 80 % à ce jour. La stratégie énergétique du Maroc, c’est « investir massivement dans les renouvelables tout en consolidant la flexibilité énergétique nationale », a confié Leila Benali, lors de l’émission « The Pulse » de Bloomberg News.
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