Maroc : Touche pas à mes données !

- 00h01 - Maroc - Ecrit par : L.A

Un projet de loi sur la protection des données personnelles a été déposé au Secrétariat général du gouvernement. Mais l’obligation de confidentialité épargnera le volet sécuritaire.

Cette fois sera-t-elle la bonne ? Depuis 2000, un projet de loi sur la protection des données personnelles traîne dans les tiroirs de plusieurs départements ministériels, notamment ceux de l’Intérieur et de la Justice. Aujourd’hui, le texte semble s’engager sur la bonne voie : une copie en a été déposée au Secrétariat général du gouvernement (SGG) et le département des Affaires économiques et générales, initiateur du

projet, attend les remarques, notamment ceux de la HACA (Haute autorité de la communication audiovisuelle) et de l’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications). “Une fois tous les avis réunis, nous procéderons à l’organisation d’un séminaire avant de le soumettre au Conseil du gouvernement”, nous explique Rachid Talbi Alami, ministre chargé des Affaires économiques et générales.

Très attendu, le texte devrait mettre fin à l’anarchie qui caractérise aujourd’hui le traitement des données à caractère personnel, en raison d’un vide juridique patent. Mais sa réactivation n’est cependant pas fortuite. Si le gouvernement a décidé de combler le vide juridique, c’est moins pour défendre les droits des citoyens que pour accompagner la mise en place de… la stratégie de l’offshoring. “Pour attirer les investisseurs étrangers, il faut leur garantir la protection de leurs bases de données”, explique une source ayant travaillé sur le dossier. D’ailleurs, le texte, qui prévoit un certain nombre de sanctions à l’encontre des contrevenants (allant jusqu’à l’emprisonnement), vient compléter celui relatif à la signature électronique, actuellement en discussion au Parlement.

Vous avez dit indépendance ?

Concrètement, le texte régit autant la collecte que le traitement des informations personnelles. Ainsi, toute personne sollicitée directement en vue de la collecte de ses données personnelles doit être préalablement informée des finalités du traitement et des destinataires des données.

La nature de ce traitement doit en outre faire l’objet d’une déclaration préalable ou d’une autorisation, déposées auprès d’un organisme spécifique, la Commission de contrôle et de la protection des données personnelles (CCDP). Institué auprès du premier ministre, cet organisme sera présidé par un magistrat et composé de “représentants de l’administration, de personnalités reconnues pour leur compétence en matière de protection des droits de l’homme et de personnes qualifiées en matière de développement des libertés et de l’informatique”. Seul hic : tous ces membres sont désignés par le premier ministre. Une exception par rapport aux textes en vigueur dans d’autres pays, où l’équivalent de cette commission est totalement indépendant du gouvernement.

De plus, tous les fichiers traités par des entités publiques ou privées doivent être inscrits dans un registre national, tenu par ladite Commission. Reste à savoir si ces fichiers doivent contenir le détail des bases de données. Auquel cas, et compte de la dépendance de la Commission, le gouvernement pourrait bien être tenté de les exploiter.

Mais parler d’un texte sur la protection des données personnelles revient naturellement à aborder le volet sécuritaire. Sur cette question, le projet de loi est on ne peut plus clair : ses dispositions ne sont pas applicables aux données “à caractère personnel, recueillies ou traitées dans l’intérêt de la défense nationale, de la sécurité intérieure ou extérieure”. Autrement dit, même si la loi passe, elle ne changera rien aux méthodes de travail des DST et autre DGED.

TelQuel - Adil Boukhima

  • Données personnelles : Le Maroc hors la loi européenne

    L'heure est grave. Le Maroc pourrait perdre un de ses fleurons économique : l'offshoring. La menace vient de la France qui reste l'un des plus gros pourvoyeurs, notamment en centres d'appels délocalisés. Mais ce pays n'est pas seul à brandir cette menace. Il est épaulé par tous les membres de l'UE. Désormais, les délocalisations des entreprises européennes au Maroc (centres d'appels notamment) dépendent de la capacité du Royaume à protéger les données personnelles. Celles-ci concernent toutes les informations relatives au profilage des clients.

  • Le Code de la presse à la case départ

    Le projet de Code de la presse risquerait de ne pas être adopté lors de l'actuelle, et finissante, législature. Le texte est revenu à la case départ au niveau du secrétariat général du gouvernement. Le projet de Code de la presse risquerait de ne pas être adopté lors de l'actuelle législature qui prend fin en juillet prochain.

  • Les ministres devront déclarer leurs patrimoines

    Les ministres seront également tenus de déclarer leurs patrimoines. C'est ce qu'a précisé le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, au lendemain de l'adoption d'un projet de loi relatif à la moralisation de la vie publique.

  • Texte intégral du projet d'autonomie du Sahara

    Voici le texte intégral du projet d'autonomie du Sahara, présenté par le Maroc à l'ONU mercredi dernier.

  • Une Agence pour la promotion économique du Maroc

    Un projet de loi de création d'une Agence pour la promotion économique du Maroc. Le conseil de gouvernement devait l'approuver mercredi 27 juin. L'agence reprendra le patrimoine du CMPE et son personnel en plus de celui de la direction des investissements.

  • Fonction publique : Bougez, vous serez payés !

    Après le DVD, un autre projet en préparation par le gouvernement Jettou qui pourrait être en tête d'affiche au cours des prochains mois : le redéploiement du personnel dans la Fonction publique.

  • Quelle répression pour les crimes virtuels ?

    Internet, un super eldorado pour la criminalité ! Tout y passe, du harcèlement sexuel jusqu'au blanchiment d'argent et la pédophilie. Les moyens sont sophistiqués et difficilement contrôlables. Les mineurs sont les principales victimes de ce genre de pratiques, car des proies faciles. Le Maroc est loin d'être épargné par la cybercriminalité, ainsi que le rapporte la récente étude menée par le Centre pour la liberté des médias au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

  • Code de la presse : divergences entre gouvernement et professionnels

    Un retour en arrière par rapport à la mouture discutée avec les professionnels. Moins de peines de prison, mais des restrictions jugées inquiétantes par la profession. Des sanctions financières trop sévères en cas de diffamation.

  • Maroc : Les médias audiovisuels au diapason des élections

    La gestion du temps d'antenne réservé à chaque parti politique en période électorale se fera sur la base d'un texte réglementaire qui sera publié à la veille des élections. L'annonce en a été faite mardi par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement en réponse à une question orale au Parlement.

  • Offshoring : les détails de la circulaire d'application

    La circulaire fixant le package des avantages accordés aux entreprises installées dans les zones offshore et dont La Vie éco s'est procuré une copie est sur le point d'être signée par le Premier ministre Driss Jettou.