Maroc : vos comptes bancaires et virements sous haute surveillance
Le renseignement financier, notamment par les banques, s’impose désormais comme une arme redoutable contre le blanchiment de capitaux au Maroc. Le rapport annuel de l’ANRF, remis récemment au Chef du gouvernement, décrit une institution qui change véritablement d’échelle opérationnelle en 2024.
Les chiffres confirment cette montée en puissance : 8 103 déclarations de soupçon ont été traitées cette année. Une hausse spectaculaire de plus de 40 % qui s’inscrit dans une tendance de fond, le volume des signalements ayant été multiplié par sept depuis 2018.
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Les banques restent les piliers de cette vigilance, à l’origine de près de 61 % des alertes. Fait nouveau, les professions non financières s’impliquent davantage, leurs déclarations ayant doublé grâce aux efforts de sensibilisation menés par l’Autorité.
L’institution ne se contente plus d’analyser, elle enquête activement. Les investigations financières parallèles ont bondi de 30 %, s’appuyant sur plus de 339 000 demandes d’informations ciblant notamment les assurances et les marchés de capitaux.
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Cette efficacité se traduit sur le plan judiciaire avec 84 dossiers transmis aux parquets, soit une augmentation de 18 %. Les enquêteurs font désormais face à des méthodes complexes incluant les crypto-monnaies et les paris sportifs, nécessitant une adaptation constante.