Marocains de l’étranger : "votre argent nous intéresse "

- 16h21 - Maroc - Ecrit par :

Alors que les temps sont au « hrigue », Abdelkrim Belgendouz parle, lui, de maintien des attaches culturelles et institutionnelles des MRE avec leur pays d’origine.

On a tellement parlé de l’immigration clandestine, que les immigrés marocains régulièrement installés un peu partout dans le monde ont été quelque peu oubliés. Abdelkrim Belguendouz, professeur à l’université Mohammed V, en a fait une spécialité depuis des décennies. Il revient sur le sujet dans un livre intitulé « Marocains des ailleurs et Marocains de l’intérieur ».

D’emblée, M. Belguendouz résume l’objet de son écrit et engage le débat : quelles représentations institutionnelles au Maroc, pour les Marocains vivant hors des frontières nationales ? Lors des élections législatives du 27 septembre 2002, la question avait été un motif de polémique politique et de rhétorique entre constitutionnalistes. Un recours avait même été déposée à l’intention du Premier ministre de l’époque, Abderrahmane Youssoufi . Recours que la chambre administrative de la Cour suprême avait jugée “irrecevable”. Un jugement pour le moins discutable, lorsqu’on sait que les MRE ont participé au référendum de 1996 pour l’adoption de cette même constitution qu’on leur a interdit, après, d’invoquer. Mais au-delà de cet aspect juridique, M. Belguendouz pose la problématique du rapport au pays de ces deux millions et demi de Marocains résidents à l’étranger.

Quel enjeu et quel type d’intérêt représentent-ils pour le Maroc ? Le lien le plus apparent, parce que le plus ouvertement véhiculé par les messages audiovisuels, particulièrement en été, est l’appel à visiter le pays et à y investir. Visiblement, l’appel a été entendu, puisque sur les 4,2 millions de touristes en 2002 ; 2,3 millions sont des MRE. Et on compte sérieusement sur eux pour attendre les dix millions de touristes dans le cadre de « Vision 2010 ».

Cette stratégie est légitime et productive, certes. Mais n’est-elle pas réductrice lorsqu’elle transforme les MRE en TMRE (Touristes marocains résidant à l’étranger) ! A. Belguendouz pense que « oui ». Il rappelle un élément fondamental : Conformément à la Constitution et à l’irréversibilité de la nationalité, les MRE sont d’abord des citoyens marocains et non pas des étrangers d’origine marocaine. Partant de là, le législateur et les pouvoirs politiques n’ont d’autre choix que de leur reconnaître le droit de vote et d’éligibilité dans leur pays. En somme, leur tailler une place spécifique dans les institutions représentatives marocaines. C’est vite dit, mais c’est loin d’être facile à mettre en pratique.

TMRE

D’ailleurs, n’avait-on pas évoqué “des difficultés techniques” pour justifier la mise à l’écart des MRE du scrutin du 27 septembre 2002.

Abdelkrim Belguendouz propose la création d’un « conseil national de la communauté marocaine résidant à l’étranger », démocratiquement élu à partir d’un scrutin supervisé par les administrations consulaires du Maroc. L’idée peut paraître séduisante d’autant qu’elle rejoint un fait de droit jusqu’ici inaliénable. Le droit à une citoyenneté marocaine pleine et entière. Mais l’idée peut aussi sembler à contre courant d’une tendance dominante qui va dans le sens de l’intégration des immigrés dans leurs pays de séjour. Une intégration en termes de droits civiques qui devient de plus en plus attractive depuis qu’elle n’est plus confondue avec les velléités d’assimilation culturelle.

M. Belguendouz semble, ainsi, malgré ses appuis juridiques intangibles, ramer àcontre courant. Les temps sont au « hrigue », alors que lui, parle de maintien et d’organisation des attaches culturelles et institutionnelles des MRE avec leur pays d’origine. Il n’en a pas moins le mérite d’essayer de remettre au goût du jour une idée apparement devenue désuette : l’idée d’appartenance à une communauté nationale, à une culture, à un pays.

A. Belguendouz, à travers une étude documentée et solidement argumentée, a le mérite d’engager le débat sur des bases sérieuses, loin de toute frilosité politicienne.

Maroc Hebdo

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