Marocains tués en Algérie : une plainte déposée en France

4 septembre 2023 - 11h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

La famille des deux Franco-Marocains froidement abattus par la marine algérienne dans l’espace maritime algérien alors qu’ils faisaient du jet-ski avec des amis et se sont égarés, entend déposer une plainte en France.

Une plainte sera déposée « lundi ou mardi » en France pour « assassinat aggravé, tentative d’assassinat aggravé, détournement de navire et non-assistance à personne en danger », a indiqué Hakim Chergui, l’un des avocats de la famille des victimes. Celui-ci et son confrère Ghizlane Mouhtaram qui défend la famille au Maroc crient à l’indignation. « La rupture des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et la République algérienne, à l’initiative de cette dernière, ne saurait justifier la commission du moindre crime et encore moins, l’impunité de ses auteurs », ont-ils écrit. Ils ajouteront : « C’est la raison pour laquelle, contraints par le mutisme des autorités algériennes, sur le territoire desquelles les assassinats ont eu lieu, ils n’ont pas d’autres choix que de recourir à la justice française pour que toute la lumière soit faite sur ce drame d’une cruauté sans nom ».

À lire : Marocains tués par les gardes-côtes algériens : l’Algérie réagit

Les deux avocats ont par ailleurs fait savoir que la famille Kissi sollicite « de toutes les parties concernées la plus grande des diligences afin de permettre la restitution à ses proches du corps d’Abdelali Mchiouer, actuellement sous main de justice en Algérie, et sa mise en terre au Maroc, entouré de tous ceux qui l’ont connu et aimé, dans les plus brefs délais. » Aussi, ont-ils ajouté que les familles des victimes « appellent […] au respect de leur souffrance » et « à la plus grande vigilance quant aux récupérations extrémistes de tous bords ». Mercredi, le parquet d’Oujda a ordonné l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances de cet « incident violent en mer », fait savoir à la MAP citant une source judiciaire. De son côté, le club des avocats a décidé de poursuivre l’Algérie devant des instances judiciaires internationales.

À lire :Marocains tués par l’armée algérienne : une plainte en cours de préparation

Mardi, deux Franco-marocains figurant parmi un groupe de quatre personnes, qui faisaient du jet ski à Saïdia, à quelques encablures de la frontière maritime avec l’Algérie, ont été tués par les garde-côtes algériens. Selon le témoignage de Mohamed Kissi, frère aîné de Bilal, l’une des victimes, ils étaient quatre jeunes gens – trois Franco-Marocains et un Marocain – chacun sur un jet-ski sur les côtes marocaines. « Nous nous sommes perdus, mais on a continué jusqu’à ce que nous nous retrouvions en Algérie. Nous avons su que nous étions en Algérie, car un zodiac noir algérien est venu vers nous, il a commencé à zigzaguer comme s’ils voulaient nous renverser. […] Ils (les occupants du zodiac) ont tiré sur nous. Dieu merci, je n’ai pas été touché mais mon frère et mon ami, ils les ont tués. Ils ont arrêté mon autre ami », a-t-il raconté. Cet autre ami qui se nomme Smaïl Snabé, est incarcéré en Algérie.

À lire :Marocains tués par l’armée algérienne : une plainte contre l’Algérie ?

Dimanche, l’Algérie a réagi à l’assassinat des deux Franco-marocains. Dans un communiqué, le ministère algérien de la Défense a assuré que « des tirs de sommation » ont été effectués puis des « coups de feu tirés » face à « un refus d’obtempérer » des vacanciers marocains. « Après avoir lancé un avertissement sonore et les avoir sommés de s’arrêter à plusieurs reprises, les mis en cause ont refusé d’obtempérer et ont pris la fuite en effectuant des manœuvres dangereuses », a précisé la même source, ajoutant qu’après plusieurs tirs de sommation, « des coups de feu ont été tirés contraignant un des jet-skis à s’immobiliser, alors que les deux autres ont pris la fuite ».

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : France - Algérie - Homicide - Plainte

Aller plus loin

Drame de Saidia : Amine Babylone, victime collatérale ?

Alors qu’un groupe algérien a justifié l’annulation de son concert au Maroc par des « facteurs imprévus » et des « circonstances totalement indépendantes de (sa) volonté », tout...

Franco-marocains tués en Algérie : enquête en France pour homicide volontaire

Après l’assassinat par la marine algérienne de deux des quatre vacanciers franco-marocains sur jet-ski égarés dans l’espace maritime algérien à Saïdia, la France a ouvert une...

Franco-marocains tués à Saïdia : l’Algérie condamne l’un des rescapés

La justice algérienne a condamné l’un des rescapés de la tragédie de Saïdia, blessé, arrêté puis détenu par l’Algérie. De quoi provoquer l’étonnement du Conseil national des...

Drame de Saïdia : l’avocat des familles des victimes menacé

Alors que les familles du Franco-marocain Bilal Kissi et de son cousin, le Marocain Abdelali Mechaouer, tous deux froidement abattus par les garde-côtes algériens, en mer à bord...

Ces articles devraient vous intéresser :

Un Britannique poignarde l’amant Marocain de sa compagne qu’il surprend chez lui

Un citoyen britannique de 28 ans a été interpellé par la Guardia Civil, suite à une tentative de meurtre envers un Marocain à Santa Ponsa (Baléares).

Meurtre de Malak : des traces d’agressions sexuelles révélées par le médecin légiste

Lors d’une conférence de presse donnée jeudi par le parquet de Liège, des révélations choquantes ont été faites sur le meurtre de Malak, la jeune adolescente de 13 ans tuée par Olivier Theunissen, un Sérésien de 37 ans. Le médecin légiste a en effet...

Maroc : il tue son père pour des cigarettes

Drame dans la commune d’Ait Amira. Un jeune homme a donné un coup de couteau mortel à son père après que ce dernier a refusé de lui donner de l’argent pour acheter un paquet de cigarettes.

Maroc : Abdelali Hamieddine, ancien parlementaire, condamné pour meurtre

La Cour d’appel de Fès a rendu son verdict dans l’affaire de l’ex-parlementaire Abdelali Hamieddine, qui vient d’être condamné à une peine de 3 ans de prison ferme.