Bilal Kissy : une vie arrachée par des militaires algériens (vidéo)

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Parents, amis et proches se sont mobilisés en masse pour dire un dernier adieu à Bilal Kissy, vacancier français, abattu par des garde-côtes dans l’espace maritime algérien alors qu’il faisait du jet ski avec des amis. Les obsèques du Franco-marocain ont eu lieu vendredi dans le village de Bni Drar, près d’Oujda, au Maroc.

Ils étaient plus d’une cinquantaine de Clichois à faire le trajet jusqu’au Maroc pour assister à l’enterrement de Bilal, dans le village de Bni Drar, près d’Oujda, rapporte au Parisien Fadila*, une mère de famille très proche du défunt et originaire d’Oujda tout comme le Franco-marocain, jointe par téléphone. « C’était très triste. La femme de Bilal est si choquée qu’elle ne parle plus. Sa mère est effondrée », ajoute celle qui a connu l’ami d’enfance de son fils à Seine-Saint-Denis. « Ils étaient tout le temps fourrés ensemble. Bilal était plus que de la famille. Il était comme un frère », regrette-t-elle. « Il était très gentil avec tout le monde : les voisins, les gens du marché, sa famille. […] C’était le chouchou de sa mère. Il prenait soin d’elle, surtout depuis le décès de son père, il y a quelques mois », précise Rajae*, la fille de Fadila, également contactée par téléphone.

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C’était une tradition pour Bilal de partir en vacances au Maroc, son pays d’origine. « Tous les ans, Bilal partait en vacances avec sa famille au Maroc, à Oujda (ville limitrophe de l’Algérie), où ils possèdent une grande maison. Jamais il n’a eu de problème là-bas », glisse Fadila. Elle est toujours sous le choc. « Avant de partir faire du jet-ski, il était en train de s’amuser avec ses amis, il était content. Il a fait des bisous à ses deux filles, âgées de deux mois et un an et demi. Prendre cinq balles alors qu’on est en train de s’amuser, ce n’est pas normal », dénonce la mère de famille.

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Après l’annonce de la disparition de Bilal, Fadila et sa fille se sont mobilisées pour aider sa famille dans les recherches. « Mon frère était avec eux en vacances. Il m’appelle à trois heures du matin (dans la nuit de mardi 29 août à mercredi) pour me raconter que la marine marocaine avait retrouvé son jet ski, rembobine Rajae. Le lendemain matin, nous avons appelé la marine algérienne. Personne n’était au courant de cette disparition, mais ils ont quand même noté nos noms. C’était étonnant. » Leur appel à témoins sur les réseaux sociaux pour demander de l’aide aux Algériens dans leurs recherches à Marsa Ben M’Hidi, la ville algérienne frontalière s’est avéré, aussi, infructueux. « Mais ça n’a rien donné. Il y avait trop d’histoires incohérentes, trop de rumeurs, ça donnait trop d’espoir à la famille », soupire Rajae.

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Mercredi, le corps de Bilal a été récupéré sur les côtes marocaines, sur la plage de Saïdia, station balnéaire très prisée l’été. Selon le témoignage de Mohamed Qissi, son frère aîné, ils étaient quatre jeunes gens – trois Franco-Marocains et un Marocain – chacun sur un jet-ski sur les côtes marocaines. « Nous nous sommes perdus, mais on a continué jusqu’à ce que nous nous retrouvions en Algérie. Nous avons su que nous étions en Algérie, car un zodiac noir algérien est venu vers nous, il a commencé à zigzaguer comme s’ils voulaient nous renverser. […] Ils (les occupants du zodiac) ont tiré sur nous. Dieu merci, je n’ai pas été touché mais mon frère et mon ami, ils les ont tués. Ils ont arrêté mon autre ami », a-t-il raconté. Cet autre ami se nomme Smaïl Snabé, également franco-marocain.

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