Marrakech : La galère des mariages mixtes

- 19h49 - Maroc - Ecrit par : L.A

Chaque année, le consulat de France à Marrakech enregistre près de 3.000 nouveaux immatriculés. A ces chiffres s’ajoutent naturellement les autres ressortissants pas « fichés » par les services consulaires.

Autre constat, une bonne partie est candidate à des mariages mixtes. Et côté procédures, ce n’est pas une partie de plaisir, d’après les témoignages. Ce sont sept autorisations au total que doit obtenir le couple mixte demandeur.

Derrière cette panoplie de démarches, l’idée est de détecter des mariages blancs. Souvent, la recherche d’une situation meilleure sous d’autres cieux est à l’origine de ce genre d’union. La recherche des fameux « papiers » européens font rêver toute une jeunesse. Mais cela ne veut pas dire que l’amour n’est pas aussi au rendez-vous. Du moins dans certains cas.

Comme Imane et Florian Cornillet qui ont tellement galéré pour se marier qu’ils ont décidé de créer un cabinet conseil juridique, spécialisé des affaires des couples mixtes. Ce n’est pas une agence matrimoniale, bien que le nom, Marrakech Affinity, soit évocateur. Pour Imane Cornillet, licenciée en droit et qui a travaillé pendant longtemps dans le notariat, le mariage mixte est devenu un véritable parcours du combattant dès l’instant où le couple décide d’officialiser sa relation. « Entre la première étape, à laquelle est nécessaire l’obtention de l’inévitable certificat de capacité de mariage- demande à déposer auprès des services consulaires-, il faut beaucoup d’énergie pour accomplir toutes les procédures. La patience est de mise surtout lors des différents interrogatoires qui jalonnent les démarches », indique-t-elle.

Le CCM (certificat de capacité de mariage) est délivré par les services consulaires concernés après des demandes de rendez-vous étalées sur 4 mois. Pour le reste des procédures, effectuées auprès des autorités marocaines (voir encadré), la démarche peut durer jusqu’à 2 ans.

Plusieurs couples finissent, faute de temps, par se lasser et abandonner le projet. « Notre cible est justement ce genre de couple. Nous avons tissé nos réseaux et nous pouvons regrouper les rendez-vous en quelques jours. Objectif : réduire le temps des formalités et faire en sorte que nos clients ne se découragent pas », explique Florian. En tout cas, les deux promoteurs du projet sont certains aujourd’hui que le créneau est porteur.

Evidemment, ce service est payant. Marrakech Affinity, qui a maintenant 7 mois d’existence, facture ce service aux alentours de 10.000 DH pour accompagner le couple dans l’ensemble de ses procédures, avec une véritable prise en main, mais sans garantie d’aboutissement. « Même avec le fameux CCM, on ne peut garantir l’aboutissement du mariage. En effet, du côté marocain, on peut toujours opposer des objections ». Mais d’après Imane et Florian, ce sont des cas rares.

Parcours du combattant

Outre un CCM (certificat de capacité de mariage) à obtenir auprès des services consulaires, la liste des démarches à effectuer pour un mariage mixte comprend, du côté marocain, une conversion à l’islam pour le conjoint non musulman, une autorisation du procureur du Roi, une enquête de police, un acte de mariage, la transcription dudit acte et une demande de visa pour le conjoint.

Puis via différents interrogatoires et entrevues, les enquêteurs cherchent à détecter les mariages blancs. « Pour cela, les enquêteurs n’hésitent pas à poser des questions intimes et gênantes », indique un couple qui a vécu l’expérience.

L’Economiste - Badra Berrissoule

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