Mendiant, un métier très rentable

- 23h28 - Maroc - Ecrit par : L.A

La mendicité est un fléau social qui ne cesse de faire tâche d’huile dans toutes les régions. Si la misère pousse les uns à « tendre leurs mains » pour faire vivre leurs familles, d’autres en font un métier qui leur rapporte gros. Le monde de la mendicité est tellement plein d’énigmes et de stratagèmes qu’il devient de nos jours difficile d’en connaître les raisons et les mystères.

Partout, on ne voit que des mendiants de tous les acabits : des hommes vêtus de haillons, des femmes portant des bébés dans leurs bras, des garçons ou des filles tendant leurs mains aux passants ou assis au bord d’une route en train d’apostropher les gens pour qu’ils les aident... Abderrahmane a une boutique au centre-ville déclare : « la mendicité est devenue une sorte de jeu de « loto » pour s’enrichir. Le mendiant septuagénaire, Verniot Clichy, dit Félix Fénéon, est mort de faim. Sa paillasse recèle 2000 francs. Mais il ne faut pas généraliser ».

Rares sont ceux qui en ont besoin et qui méritent vraiment de tendre leurs mains aux autres pour qu’ils les aident. Je connais des hommes et des femmes qui ont de belles maisons ou des enfants qui travaillent à l’étranger ou même fonctionnaires. Malheureusement, on les trouve toujours entrain de demander de la charité ». Si autrefois, les gens mendiaient parce qu’ils étaient pauvres, quelles sont les raisons qui les poussent à le faire aujourd’hui alors qu’ils n’en ont pas besoin ? Et on sait qu’il y a des pauvres qui n’ont pas le courage de demander l’aumône même s’ils ne possèdent rien.

Ali travaille à l’étranger. Il a de belles maisons, une voiture et une petite ferme. Mais lorsqu’il revient à l’étranger, son père sort dans la rue pour mendier. « Je sais que mon père s’adonne à la mendicité pendant mon absence, nous déclare-t-il, il a ce comportement vil dans le sang. J’ai essayé de l’en détourner mais en vain ». Parfois, ces mendiants recourent à des stratagèmes très subtils pour attirer la sympathie des autres. Voilà un vrai mendiant qui dénonce les intrigues de ceux qui induisent les gens en erreur : « Je connaîs des pseudos mendiants qui mettent des pansements tachés de peinture rouge au bras ou au genou pour simuler aux gens qu’ils sont blessés. Il y a même ceux qui plient leur jambe dans un tissu et portent des béquilles comme s’ils étaient handicapés. Ces gens sont des spécialistes dans la théâtralisation pathétique ».

Les gens qui demandent la charité adoptent des méthodes modernes dans le but de satisfaire une convoitise dont ils ne pourront jamais se passer. Leurs apparences, leur voix, les lieux où ils s’installent, soit individuellement, soit en groupe…changent selon les occasions et les jours de la semaine.

Le vendredi on les trouve, en grand nombre, devant les mosquées où des gens riches font la prière. Ces mendiants ne vont pas dans des mosquées situées dans des quartiers pauvres. Avant, on les rencontrait, le vendredi, dans des cimetières mais, de nos jours, ils ont d’autres méthodes intelligentes pour convaincre « leurs victimes ». Le mardi, le jour du souk hebdomadaire, ces mendiants envahissent les chemins et les routes qui mènent au souk. Les uns se déplacent seuls, les autres vont en groupe et parfois en famille. Omar, qui a une famille nombreuse et pauvre, déclare : « Quand je décide de mendier, car je suis pauvre et je ne suis pas en bonne santé pour travailler, j’accompagne ma femme et mes enfants. J’ai honte de le faire mais je n’ai pas le choix. Je suis devenu malade et j’ai cinq bouches à nourrir ! J’arrive à ramasser jusqu’à 50 dirhams par jour et parfois plus parce que les gens savent que je suis vraiment pauvre. Il y a des gens qui demandent la charité alors qu’ils possèdent des sommes faramineuses d’argent, des maisons modernes…Un jour, des voleurs se sont emparé d’une somme de 100.000 DH, après s’être introduits dans la masure d’une mendiante ».

De nos jours, les choses se compliquent à telle enseigne qu’il est devenu difficile de faire une distinction entre les vrais et les faux mendiants, les voleurs, les agresseurs et les criminels. Il y a un genre de jeunes qui fait de la mendicité un tremplin pour voler et agresser les gens.

Chaque matin, un jeune homme se déguise en mendiant, se lève tôt et se dirige vers la gare routière. Avant le départ des voyageurs, il monte dans les cars et les autobus pour faire semblant de mendier. C’est un jeune en très bonne santé mais il porte des vêtements déchirés et sales pour induire autrui en erreur.

La mendicité de nos jours est devenue une arme à doubles tranchants. Ces gens se cachent derrière cette apparence pour détourner les soupçons au cas où ils commettraient des vols, des agressions… La mendicité, au fil des temps, devient une seconde nature qui tue le désir et la volonté de travailler, de faire des efforts pour vivre de sa sueur.

Source : Aujourd’hui le Maroc - Said Frix

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  • Près de 200.000 mendiants recensés au Maroc

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  • 62% de mendiants professionnels

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  • Drôles de mendiants !

    De source ministérielle, on apprend que le programme de lutte contre la mendicité dans le Sud, et en particulier à Laayoune, n'est pas pour bientôt.

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    Le Maroc compte près de 500.000 mendiants « professionnels » permanents ou occasionnels. Ce sont les résultats d'une étude réalisée par la Ligue marocaine pour la protection de l'enfance, en collaboration avec l'Entraide nationale et le ministère de la Santé en 2005. Même si les résultas ont été contestés, les chiffres de l'enquête demeurent réalistes.

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    Au Maroc les femmes ne sont pas les seules victimes de la violence conjugale. Il y a aussi des hommes qui sont battus par leurs femmes. Le fait est là et bien réel. Combien sont-ils à être violentés par le sexe féminin ? Difficile de se prononcer à ce sujet. L'absence de statistiques et d'études ne permet pas de mesurer l'ampleur du phénomène. D'autant plus que les centres pour les hommes violentés sont inexistants au Maroc. Néanmoins, cette violence reste minoritaire. Mais, il faut avouer que les hommes maltraités sont moins rares qu'on ne pourrait le croire car le sujet reste tabou et les victimes préfèrent se taire.

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