Les MRE, investisseurs en puissance pour le moment

- 20h35 - Maroc - Ecrit par : L.A

Les MRE sont « des investisseurs en puissance ». Ils sont 56,4% à avoir le réflexe d’investir dans leur pays d’accueil ou d’origine. Mieux encore, « c’est essentiellement le Maroc qui en profite ». Il est préféré par plus des deux tiers des investisseurs. Le constat est dressé par une étude que vient de publier le Hcp (Haut Commissariat au Plan) sur l’insertion socio-économique des MRE.

Selon cette étude « la proportion des investisseurs qui choisissent le Maroc est appelée à croître ». En effet, en termes d’intentions d’investissement, ce sont les trois quarts des MRE qui envisagent leur pays d’origine comme destination pour leurs capitaux.

Sans surprise, c’est l’immobilier qui attire la majorité des ressortissants marocains. Ils sont 86,9% à y investir. La pierre est largement préférée au commerce (5,2% des investissements), à l’agriculture (4,1%), et nettement plus appréciée que le tourisme et l’industrie qui ne captent à eux deux que 2% des investissements. Cette répartition est toutefois appelée à changer. Interrogés sur leurs investissements futurs, seul le tiers des MRE préfère encore l’immobilier. Ce secteur se classe ex æquo avec le commerce, dénotant également un regain d’engouement pour l’agriculture (8,7%) le tourisme (5,6%) et l’industrie (5,4%).

Le département de Lahlimi rapporte également de mauvaises nouvelles. Il isole un indicateur lourd de sens. « Le taux des enfants tentés par le retour au pays est nettement inférieur par rapport à celui des parents qui expriment la même volonté ». « Si rien n’est immédiatement fait, cet écart aura un impact économique » et ce sont les pays d’accueil qui auront de plus en plus les faveurs des MRE. Les signes avant coureurs sont là. Alors que les MRE ayant migré dans les années 1960 et 1970 investissent deux fois plus au Maroc que dans le pays d’accueil, ce ratio s’établit à 1,5 fois pour la vague des années 1980 et à 1,4 fois pour celle des années 1990. Les ressortissants ayant migré vers les années 2000, investissent presque à part égale au Maroc et dans le pays d’accueil.

Plus encore ils sont 90% à se déclarer prêts à « renoncer à l’investissement au Maroc, en l’absence d’incitations comparables à celles offertes dans les pays d’accueil ».

Mais alors, comment les intéresser ?

Il s’agit d’influer sur les facteurs qui favorisent « l’attachement des MRE à leur pays d’origine et à leur intégration dans la vie sociale, syndicale et politique des pays d’accueil », recommandent les auteurs de l’étude.
En tout cas, ils sont 42,4% à évoquer en priorité la bonne gouvernance. L’accès au crédit vient au second rang (18,5%). Suivent les encouragements fiscaux (12,6%), la transparence et la lutte contre la corruption (8,9%), l’accueil, l’orientation et le renseignement (6,0%), l’infrastructure (5,5%) et enfin l’aide technique et technologique (1,5%)
A noter que les intentions de retour sont plus vives parmi les MRE, chefs de ménage (57,2%), que parmi leurs conjoints (52,8%), ou leurs enfants de sexe masculin (34,7%) ou féminin (35,6%). Ces intentions sont par ailleurs représentatives de la concentration de MRE selon les pays d’accueil. Ainsi, 40,7% des MRE tentés par le retour résident aujourd’hui en France. 24,2% sont établis en Espagne et 16,0% en Italie.

A y voir de plus près la migration de retour tente essentiellement les MRE des groupes socioprofessionnels du bas de l’échelle sociale, peu scolarisés, à la fin de leur vie active ou sur le point de partir à la retraite. Nés au Maroc, ils y disposent d’avoirs immobiliers ou commerciaux.

Autre profil dominant, celui des MRE dont le conjoint ou les enfants vivent au Maroc, tout comme ceux qui ont procédé au regroupement familial et dont les descendants n’arrivent pas à s’insérer efficacement par l’éducation et la formation. En fait, « tout se passe comme si la pérennisation de la migration est tributaire des cursus requis pour la compétitivité et l’intégration économique et sociale dans les pays d’accueil », relèvent les auteurs de l’étude.

Il en résulte que ceux qui sont au début de leur vie migratoire, particulièrement à la fin des études universitaires, systématiquement frappés par le chômage chronique et la xénophobie au pays d’accueil, sont aussi ceux qui sont les plus tentés par la migration de retour.

L’autre fuite, les transferts sous cape

A fin décembre 2007, les transferts MRE ont atteint 57 milliards de DH, soit près de 10% du PIB. Cette valeur est probablement plus élevée dans les faits vu qu’une grande partie des flux ne transite pas par les canaux officiels, estiment les experts. Une étude de l’Observatoire des MRE de la Fondation Hassan II évalue à près de 20 milliards de DH, le montant des transferts effectués par les MRE lors de séjours au Maroc.

Les transferts d’argent des populations émigrées n’ont pas fini d’attiser les convoitises. « Les travailleurs migrants ont envoyé vers les pays en développement, dont ils sont originaires, plus de 300 milliards de dollars à fin 2006 », soit près de 2.300 milliards de DH, selon la Banque interaméricaine de développement.

Source : L’Economiste - R. H.

  • L'enquête du HCP sur les MRE

    La communauté des Marocains résidant à l'étranger, qui s'élève à environ 3,18 millions de personnes avec 54,6 pc d'hommes et 45,4 de femmes, est appelée à connaître plus de mixité en raison notamment de la féminisation croissante de la population active, estime un enquête menée par le Haut Commissariat au Plan.

  • Dur, dur l'intégration des MRE !

    La relation durable qu'établit le MRE avec sa société d'accueil est un des aspects auxquels se sont intéressés les démographes et les sociologues du HCP. Il en découle un rôle économique indéniable. Si les premiers migrants étaient exclusivement des ouvriers, leurs enfants n'ont pas fait mieux !

  • 8,3 milliards de DH d'investissements étrangers à fin mars 2008

    Alors que le commerce extérieur affiche un déficit abyssal de 20,5 milliards de DH  fin mars 2008 (en augmentation de 127,5% par rapport au 1er trimestre 2007), les recettes provenant de l'étranger se portent au mieux. Elles augmentent de 42%, s'établissant à 9,8 milliards de DH contre un peu moins de 7 milliards de DH de janvier à mars 2007.

  • Qui sont nos MRE ?

    L'étude que le Haut-commissariat au plan vient de publier sur le thème des MRE apporte d'importants éclairages sur le profil de la diaspora marocaine à l'étranger. D'abord, l'enquête effectuée en 2005 révèle que les Marocains résidant à l'étranger (MRE) chefs de ménage sont à 94,1% d'hommes, contre 5,9% seulement de femmes. Mais la répartition par sexe de l'ensemble des MRE, y compris les membres du ménage, fait ressortir une certaine tendance à la parité hommes/femmes (54,6% pour les hommes et 45,4% pour les femmes).

  • Qui sont nos MRE ?

    Ils sont plus de deux millions et demi de Marocains à vivre en Europe, soit près de 85% de la diaspora marocaine. Les vagues d'immigration successives ont donné lieu à une communauté marocaine de plus en plus importante qui a, souvent, du mal à s'intégrer dans les pays d'accueil. Les difficultés pour nos ressortissants à trouver du travail à l'étranger l'attestent.

  • Plus de la moitié des MRE sont actifs

    Les MRE actifs dans leurs différents pays d'accueil en Europe subissent sans discrimination les lois d'un marché de travail segmenté qui les confinent dans des activités. La dernière enquête du Haut-commissariat au Plan sur « l'insertion socio-économique dans les pays d'accueil » par l'accès au marché du travail aura permis d'apprécier la participation différenciée de nos compatriotes dans la création de richesses de ces économies. Quelles sont les branches d'activité qui les occupent ? Quel est leur niveau de qualification ou encore la régularité de leur emploi ? Sont-ils mobiles et dans quelles conditions travaillent-ils ?

  • MRE : Ce que dit l'enquête du HCP

    Les résultats de l'enquête sur "L'insertion socio-économique des MRE dans les pays d'accueil", réalisée par le Haut Commissariat au Plan auprès d'un échantillon de 2.832 chefs de ménages, indique que quelque 56,4 pc des MRE ont réalisé au moins un investissement au Maroc ou dans leurs pays d'accueil. 86,9 pc de ces investissements ont été localisés au Maroc, principalement dans l'immobilier.

  • Les MRE préfèrent le vol

    Après la forte affluence enregistrée le weekend dernier, les traversées de retour des MRE ont retrouvé leur cadence normale. En effet, lors du premier weekend d'août, le rythme était assez élevé. Le nombre de MRE ayant traversé le détroit durant la première semaine du mois en cours a atteint les 100.000 dont la moitié a transité par le port de Tanger. Ce dernier s'érige en premier port de transit pour les MRE avec 35% du total. Il est suivi par celui de Sebta qui réalise 28% du trafic.

  • La communauté marocaine à l'étranger a doublé en 15 ans

    Entretien avec le ministre délégué chargé des MRE, Mohamed Ameur.

  • Les MRE, un poids lourd dans la vision 2010

    Entre janvier et mai 2008, quelque 807.000 Marocains résidant à l'étranger (MRE) ont visité le Maroc. Les offres et les promotions se multiplient afin d'attirer ces touristes un peu spéciaux, même si le mois d'août sera plutôt calme, en raison du décalage de la grande vague des retours au mois de Ramadan.