CCDH : Nous n’avons jamais prétendu être représentatifs des MRE

- 23h54 - Maroc - Ecrit par : L.A

Abdelhamid El Jamri, membre du comité du groupe de travail au sein du CCDH et co-organisateur d’Al Monadara, livre ses impressions sur les mouvements de contestations qui s’expriment en Europe par des associations locales de MRE quant au rôle du CCDH dans sa mission de mener des consultations pour la mise en place du Conseil Royal.

Une évaluation de la manifestation Al Monadara a-t-elle été réalisée ?

J’espère qu’elle n’est pas encore finie. Al Monadara n’était pas un objectif en soi, mais une étape qui est partie intégrante d’un processus. Ce qui est important aujourd’hui, c’est que les résultats d’Al Monadara soient exploités au niveau de la société au travers du dialogue qui a débuté de manière plus ou moins structuré. Concernant l’évaluation, elle s’est soldée par une réussite, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord car elle a permis de réunir de nombreux acteurs de la société civile installée à l’étranger et des responsables associatifs basés au Maroc sur la base de l’échange dans un esprit de concertation et d’écoute. De plus, nos amis de gauche, et les plus virulents d’entres eux, ont accepté d’être associés à cette manifestation avec de nouveaux acteurs associatifs sur des bases idéologiques minimalistes

Pour être « éligible » à Al Monadara, à quels critères faut-il répondre ?

Il suffit d’être démocrate pour la défense des droits humains et pour la consolidation de l’Etat de droit au Maroc. Aussi, la participation massive du gouvernement qui s’est traduit par la présence de plusieurs ministres a constitué une première dans l’histoire des relations entre la diaspora marocaine et les pouvoirs publics. C’est un signal fort qui a été donné de part et d’autre pour initier une politique migratoire à la hauteur de l’enjeu. Retroussons-nous les manches et au travail !

Au travail ! Et que faites-vous avec ceux qui se sentent exclus du processus faute d’avoir été conviés ?

Petit rappel. Au lendemain du discours royal, plusieurs rencontres ont été initiées par différents groupes de personnes pour une réflexion collective quant à la représentativité des MRE au sein du Haut Conseil. Dès que les pouvoirs publics ont pris le relais en annonçant que la représentativité politique était repoussée à une date ultérieure, la quasi-totalité des manifestations a été annulé sur le champ. Ce qui montre bien que toute l’agitation n’était motivée que par une représentativité au Parlement, ni plus, ni moins. Effectivement, Al Monadara n’a pu accueillir que ceux qui souhaitaient participer à une réflexion collective. Personne n’a été exclu hormis ceux qui représentent des symboles liés aux anciennes amicales ou à des symboles d’extrémisme religieux. Ceux qui se sont sentis exclus et qui s’expriment dans la presse ne représentent qu’une poignée de personnes. De plus, nous les avions identifiés bien avant la tenue d’Al Monadara.

Cependant, ils se déclarent « représentatifs » de l’immigration marocaine
Personne ne peut prétendre représenter les migrants, aujourd’hui, y compris au niveau d’Al Monadara. Nous n’avons jamais prétendu être représentatifs des Marocains de l’étranger. Chacun se doit de faire preuve d’humilité. La représentativité viendra avec ce qui se prépare, à savoir, la participation au Haut Conseil des MRE.

Et pour revenir au rôle du CCDH ?

Le CCDH a soutenu l’initiative des membres du collectif d’Al Monadara et je profite de l’occasion pour le remercier à nouveau. Le CCDH n’est intervenu ni dans le contenu, ni dans la liste des participants. Il a apporté un soutien logistique. Toutes les accusations, supputations, dont il est la cible aujourd’hui, n’ont pas raison d’être. C’est totalement injuste !

Vous faîtes partie du groupe d’experts qui a été constitué au lendemain du discours royal. Peut-on en savoir plus ?

Effectivement, j’ai l’honneur de faire partie du groupe de travail qui regroupe et centralise des expertises et des compétences en tout genre, dans la continuité des recommandations de l’IER. Elles concernent les quatre axes en lien avec la migration. Le groupe est chargé de faire une analyse et une étude destinée à apporter des éléments des éclairages sur la problématique de l’immigration marocaine.
En outre, le groupe de travail, sous l’égide du CCDH, va mettre en place une série de consultations, séminaires, rencontres,… jusqu’au mois de mai en vue de faire des propositions définitives au CCDH quant à l’exercice d’une politique migratoire marocaine sous toutes ses formes et dimensions y compris sur la représentativité politique et pour le Conseil Supérieur des MRE.

La Nouvelle Tribune - Rachid Hallaouy

  • Benzekri : « Pour le conseil des MRE, tout se fera dans la concertation »

    Pour le président du CCDH, Driss Benzekri, le processus de réflexion sur le Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger a déjà commencé. Il se fait dans le cadre de la concertation.

  • La contribution des RME au développement humain

    Le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH) a organisé, samedi à Rabat, un premier séminaire consacré à la question de la contribution des émigrés au développement humain au Maroc, dans le cadre de la consultation menée en vue de la création d'un Conseil des Marocains résidant à l'étranger.

  • Lancement de la « campagne » MRE à Rabat !

    Le CCDH a convié les MRE à une première consultation menée en vue de la création du Conseil supérieur dédié à la diaspora marocaine.

  • Qui peut prétendre représenter les MRE ?

    Que se passe-t-il donc dans la « maison » MRE ? D'un côté, le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH), chargé de présenter une feuille de route au Souverain au mois de juillet 2007 et qui s'attèle à mettre en place une stratégie efficiente (consultations, séminaires,…) pour la mise en place du Conseil Supérieur des Marocains à l'Etranger (CSME), et de l'autre, une diaspora marocaine, installée dans les pays de résidence, qui demeure partagée quant à la conduite et à la finalité de l'initiative royale.

  • Remous autour des dernières nominations au CCDH

    Un collectif d'associations et d'acteurs civils marocains vivant en Hollande a envoyé une lettre au président du CCDH afin d'attirer son attention sur les dernières nominations effectuées par le conseil qu'il préside. Ce collectif se dit étonné de la désignation de Khadija Aârib et Abdou Mnabhi au CCDH en tant que représentants des Marocains résidents en Hollande.

  • CCDH : programme du Conseil supérieur des MRE

    Le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme a élaboré un programme de travail relatif au projet de création d'un Conseil supérieur des communautés marocaines résidant à l'étranger.

  • MRE : Il est où, le Conseil ?

    Le CCDH continue de mener des consultations auprès des MRE avec l'objectif final, nous assure-t-on, “de mettre au point un rapport destiné au roi courant mai”.

  • CCDH : Et les RME juifs ?

    Le torchon brûle-t-il entre la communauté juive marocaine et le Conseil consultatif des droits de l'homme ?

  • Conseil supérieur des MRE : Le CCDH boucle son cycle de consultations

    Le Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH) boucle le cycle de ses consultations avec les associations représentant la diaspora marocaine dans les différentes régions du monde. Il s'agit, rappelons-le, de préparer un document à remettre au Souverain sur la création d'un Conseil des marocains à l'étranger.

  • Du droit de vote au CSCME : que reste t-il de nos espoirs ?

    Les MRE ont caressé pendant de longs mois l'espoir d'exercer pleinement, dès 2007, leurs droits politiques dans le cadre d'une représentation parlementaire et d'un CSCME. Plus d'un an après que reste t-il de cet espoir ? Beaucoup et peu de choses à la fois : la perspective et la promesse d'un CSCME et un processus de consultation censé traduire cette promesse dans les faits.