Migration : la route de l’atlantique très pratiquée pendant la crise sanitaire

- 11h40 - Espagne - Ecrit par : P. A

La pandémie du coronavirus a provoqué l’augmentation du nombre de migrants empruntant la route de l’atlantique. Au cours de l’année 2020, le nombre de migrants arrivant en Espagne a grimpé, contrairement à 2019 où la tendance était à la baisse.

Dans son rapport annuel, le parquet explique que la route de l’Atlantique a été très empruntée par les migrants pendant la crise sanitaire. Selon les données du ministère de l’Intérieur consultées par 20minutos, le nombre de personnes arrivant en Espagne et sur les îles Baléares, a diminué de 24 % en 2020 (16 610 contre 21 863 en 2019).

Cette traversée « très dangereuse » qui dure 10 heures, s’effectue à bord de bateaux dont la capacité d’accueil moyenne est de 80 personnes, explique le parquet dans son rapport. Les migrants payent entre 400 et 1 800 euros pour le trajet. Les migrants marocains, eux, arrivent dans des bateaux de capacité plus petite, pouvant contenir 20 personnes. Ainsi, le parquet a observé la croissance des « pateras taxi ». Plutôt que d’abandonner les bateaux à leur arrivée en Espagne, certaines organisations criminelles retournent sur les côtes africaines pour faire de nouveaux voyages.

À lire : Ruée vers l’Espagne : la périlleuse traversée de l’Atlantique

Il s’agit de mafias qui opèrent « avec cruauté et au mépris de la dignité de l’être humain », fait observer le parquet. « Des enfants, des femmes et des hommes, entassés comme du bétail dans des bateaux extrêmement précaires sur des traversées souvent très dangereuses, sont transférés dans la péninsule ou les îles espagnoles au péril de leurs vies. Ces traversées se terminent souvent dans des scènes d’horreur, avec des morts par noyade ou des enfants qui meurent de soif », souligne le parquet dans son rapport, précisant que d’autres mafias sont spécialisées dans le trafic de mineurs.

Pour trouver des preuves permettant d’inculper et de condamner les principaux membres de ces groupes dirigés depuis le Maroc, l’Algérie et la Somalie, le parquet insiste sur la nécessité d’établir une « coopération policière plus étroite » avec ces pays, permettant l’échange d’informations ». Dans ce cadre, le ministère de l’Intérieur espagnol a fait don à la Mauritanie, pays clé de la route migratoire de l’atlantique, de plusieurs matériels informatiques d’une valeur de 100 000 euros. Plusieurs pays comme la Gambie, le Ghana ou le Sénégal sont bénéficiaires depuis 2006 de ces fonds dont le budget était d’un million et demi d’euros en 2020 et a doublé cette année pour atteindre 3 millions d’euros.

  • Ceuta : six personnes dont une Marocaine arrêtées pour trafic de migrants

    La Garde civile a arrêté à Ceuta et Malaga six personnes, dont une Marocaine, accusées de trafic de migrants marocains vers l'Espagne via le détroit de Gibraltar. Elles seront poursuivies pour des crimes présumés contre les droits de citoyens étrangers et de falsification de documents.

  • Almeria débordée par le flux de migrants

    La pression migratoire vers l'Espagne s'intensifie malgré les efforts des autorités espagnoles pour la contenir. Au cours du mois de septembre, la ville d'Almeria a accueilli 1 371 migrants transportés sur 112 pateras, soit pratiquement le double des chiffres de 2020. En début de semaine, les forces de sécurité espagnoles ont empêché l'arrivée de près de 400 migrants.

  • Le Maroc a fait baisser drastiquement le flux migratoire vers les Îles Canaries

    Moins de migrants marocains sont arrivés dans les îles Canaries depuis la fin de la crise diplomatique entre l'Espagne et le Maroc. Le flux a augmenté de seulement 15 % à fin août 2022 par rapport à la même période de l'année dernière où une augmentation de 115 % avait été enregistrée par rapport à 2020.

  • L'Espagne expulse 125 migrants entrés par le rocher d'Al Hoceima

    Un groupe d'environ 125 migrants subsahariens arrivés lundi au rocher de Badis en provenance d'Al Hoceima, ont été rapatriés au Maroc.

  • Canaries : la droite exige l'expulsion des Marocains

    Le président du Parti populaire (PP) des Iles Canaries, Australia Navarro, a demandé au président Ángel Víctor Torres d'exiger l'application de l'accord signé en 2007 par le Maroc et l'Espagne en vue de faciliter le retour des mineurs.

  • Le Maroc refuserait-il l'aide de l'Espagne ?

    Le Maroc pourrait ne pas accepter l'aide de l'Espagne d'un montant de 30 millions d'euros destinée à lutter contre l'immigration clandestine.

  • Sahara : l'Algérie veut exercer une pression migratoire sur l'Espagne

    Le Centre national de renseignement (CNI) a alerté le gouvernement espagnol de l'arrivée massive, les mois à venir, de migrants en provenance d'Algérie. Le pays peut-il exercer une pression migratoire sur l'Espagne ?

  • Les policiers espagnols critiquent l'aide au Maroc

    Les policiers espagnols n'approuvent pas le fait que le gouvernement investisse plus d'argent pour renforcer la police marocaine en matériels alors que dans le même temps, ils ont aussi besoin davantage de moyens pour faire face aux assauts massifs et répétés de migrants. Ils demandent un « recadrage » de l'aide au Maroc.

  • Espagne : des Marocains risquent 160 ans de prison et 300 millions d'euros d'amende

    Quinze membres d'un réseau de trafic de drogue arrêtés en octobre 2019, lors d'une opération menée à Algésiras, Huelva, Séville, Malaga, Grenade et Ceuta, seront fixés sur leur sort le 27 octobre prochain au tribunal provincial de Huelva. Le parquet a requis contre eux une peine de 164 ans et trois mois de prison.

  • Almeria : arrestation de plusieurs Marocains actifs dans le trafic de migrants

    La police d'Almeria a arrêté depuis le début de l'année 16 personnes dont des Marocains qui ont tenté de faire entrer illégalement des migrants dans la ville. Ils sont considérés comme auteurs présumés d'un crime contre les droits des citoyens étrangers.