Dure, dure la régulation du marché immobilier

- 13h18 - Maroc - Ecrit par : L.A

Face à l’enthousiasme de Ahmed Taoufiq Hjira et de Salaheddine Mezouar, l’approche pragmatique du cabinet d’études, Invest Finance Consulting Fiducia surprend. Selon son enquête portant sur la période 1985-2005, l’indice d’évolution du Smig est resté supérieur à celui du coût de l’habitation. Il n’empêche, selon le cabinet, qu’en 2007 « malgré l’évolution du Smig, le prix du logement social de 200.000 DH représente 8,5 ans de salaire minimum et plus de 55 ans d’épargne du « smicard » à raison d’un taux d’épargne d’environ 15% ». La rencontre sur la régulation du marché de l’immobilier, organisée par le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, mardi 16 avril à Rabat, a viré à une sorte d’état des lieux.

Mais, fidèle à sa réputation de bon orateur, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme a une fois de plus séduit son assistance. En toile de fond dans sa démonstration, une visibilité et une diversification de l’offre, qui englobent le plan quinquennal 2008-2012 de Al Omrane. Mais aussi une dynamique économique globale qui lui fait dire que « les signaux sont au vert ». Classique. Pour Hjira comme pour Mezouar, la demande se maintient et la performance des opérateurs du secteur ne fait aucun doute.

Le ministre de l’Habitat reste convaincu que la question de régulation du marché exige d’abord et avant tout la mise en place de mesures d’accompagnement « pour pallier la rétention foncière et immobilière et promouvoir de nouveaux moyens d’action d’aménagement foncier ». Le tout, pour lui, sera de renforcer la politique de l’offre, seule manière de barrer la route à la spéculation. Avec son homologue des Finances, qu’il appelle affectueusement Salaheddine, il persiste à croire que le terme régulation réveille de vieux démons chez les professionnels et fait peur. En ce sens, les deux ministres ont opté pour une « approche pédagogique de la régulation, pour rassurer ».

En attestent le recensement et l’évaluation du dispositif incitatif dans le cadre du rapport sur les dépenses fiscales accompagnant les projets de loi de Finances. Le dernier rapport en date de 2007 fait état de 410 mesures dérogatoires dont 178 engendrent une dépense fiscale de plus de 23,6 milliards de DH. Ce qui fait dire aux experts du ministère des Finances que les mesures incitatives bénéficient quasiment à tous les secteurs certes, mais plus particulièrement à l’immobilier, avec un montant de près de 3,9 milliards de DH. Soit environ 17% des dépenses fiscales.

Le package de Hjira

Le projet de code de l’urbanisme, au programme d’action du gouvernement El Fassi cette année, englobe la plupart des mesures contenues dans le package de Hjira pour réguler le marché de l’immobilier. Elles sont d’ordre législatif et réglementaire, institutionnel, financier et fiscal. Dans les détails, il s’agit de la réforme de la planification urbaine, la redéfinition des normes minimales d’habitabilité, la refonte de la loi sur l’habitat locatif ou encore sur les régimes fonciers.

Pour pallier la rétention foncière et immobilière (70.000 logements vides recensés), les mesures institutionnelles visent la création d’agences régionales foncières, l’acquisition et la reconstitution de réserves foncières. Les mesures financières demeurent la proposition de révision de la taxe sur les terrains non bâtis, taxe sur le logement non occupé… Toutes ces mesures devront s’appliquer sans « interventionnisme ».

Source : L’Economiste - B. T.

  • 12 mesures pour lutter contre la spéculation immobilière

    Le gouvernement d'Abbas El Fassi s'est enfin décidé à intervenir pour lutter contre la spéculation immobilière. C'est le ministre de l'Economie et des Finances, Salaheddine Mezouar, qui l'a annoncé, mardi, lors de la séance des questions orales devant la Chambre des conseillers. « Les pouvoirs publics vont prendre les mesures nécessaires pour stabiliser les prix de l'immobilier et les adapter aux besoins du secteur », a-t-il déclaré.

  • 15,5 milliards de DH pour un programme low-cost de logements

    Les logements à 140.000 DH officiellement lancés. Ce produit est destiné aux familles démunies, notamment celles dont le salaire mensuel n'excède pas 1,5 fois le Smig (2.700 dirhams). Ce produit low-cost rentre dans le cadre du programme national visant la construction de 130.000 unités de logement à faible coût. SM le Roi Mohammed VI a présidé le 29 mars dernier la cérémonie de signature de la convention portant sur la réalisation de ce programme. Le montant d'investissement global du projet est de 15,5 milliards de DH.

  • 98,9 millards de dh d'investissements dans l'habitat en 2007

    Le volume des investissements dans le secteur de l'habitat a atteint 98,9 milliards de DH en 2007 contre 58,9 en 2002, soit une hausse de 67,9 pc. Ces investissements ont permis la création de 839.000 postes d'emploi en 2007 contre 632.000 en 2002. Le nombre d'unités d'habitat social réalisées en 2007 est estimé à 121.000 contre 45.000 en 2002.

  • Le gouvernement veut stabiliser les prix immobiliers

    Les pouvoirs publics vont prendre les mesures nécessaires pour stabiliser les prix de l'immobilier et les adapter aux besoins du secteur, a déclaré Salaheddine Mezouar.

  • Habitat : Les nouvelles formules pour les MRE

    Près de 80% des investissements des Marocains résidant à l'étranger (MRE) vont vers l'immobilier. Une part d'autant plus importante que « 21% des clients de l'habitat sont constitués de MRE », indique Mohamed Ameur, ministre chargé de la Communauté marocaine résidant à l'étranger. Ce marché grandissant a besoin de davantage de fluidité administrative pour s'épanouir. Le ministre ouvre grandes les portes, dans un souci de « proximité », indique-t-il.

  • Habitat : Mesures en faveur des MRE

    Un Monsieur MRE sera désormais à la disposition des Marocains résidents à l'étranger, au niveau des agences urbaines. Un nouveau service dont le but est de faciliter les procédures et d'adapter l'offre en habitat aux besoins des MRE.

  • Immobilier : C'est vraiment la déprime ?

    « Les opérateurs immobiliers ont besoin de visibilité ». L'affirmation n'émane pas d'un promoteur immobilier, mais bel et bien de Taoufiq Hejira, ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme. Ce dernier a dû sans doute lire l'article de L'Economiste du 28 août dernier où un opérateur déplore « l'opacité du marché » et le silence radio de l'Etat, qui « ne ventile pas de chiffres alors qu'il dispose des moyens et ressources pour produire des documents analytiques, loin des effets d'annonce ».

  • 95% des acquéreurs immobiliers ont fait appel aux crédit

    Le boom du secteur immobilier se poursuit. En dépit de l'inadéquation entre la demande et l'offre, cette branche d'activité continue son expansion. Il faut signaler d'emblée que ce n'est pas l'offre en elle-même qui pose problème, mais plutôt l'existence de produits à même de répondre aux exigences des différentes catégories sociales.

  • Aucune convention de logement social signée en 2008

    Il fallait s'y attendre : la modification des incitations fiscales a eu un impact significatif sur le logement social. En effet, les conventions signées en 2006 dans le cadre de l'article 19 de la loi de Finances n°26-99 ont été au nombre de 11, contre 5 en 2007. En 2008, aucune convention de ce type n'a été signée.

  • Immobilier, tout va bien ?

    En réaction à un article paru dans La vie éco du 14 mars dernier sous le titre « Immobilier, les premiers symptômes de la crise », l'auteur réfute cette affirmation, présente ses arguments et donne des chiffres pour démontrer qu'au contraire, tous les indicateurs sont au vert et que les perspectives du secteur sont bonnes.