Un riad au Maroc pour 20 000 euros : bonne affaire ou piège ?

- 12h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Le Maroc attire de plus en plus de Français en quête d’une résidence secondaire au soleil. Mais derrière les promesses de riads accessibles et de vacances « à vie », l’immobilier fractionné soulève aussi des questions sur sa rentabilité réelle et les risques pour les acheteurs.

Présenté récemment dans l’émission Europe 1 Matin Week-end, ce modèle d’investissement commence à gagner en visibilité. Le principe : acheter des parts d’une société civile immobilière (SCI) donnant accès à plusieurs semaines d’occupation dans un riad haut de gamme au Maroc. Un concept qui séduit certains Français, mais qui reste encore méconnu.

Un investissement plus accessible qu’un achat classique

Selon les chiffres évoqués dans l’émission, le prix moyen de l’immobilier atteint environ 2 300 euros le mètre carré à Casablanca. Pour de nombreux Français, acheter une résidence secondaire complète au Maroc reste donc difficile, malgré l’attrait du pays.

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C’est là que l’immobilier fractionné tente de se positionner. Des sociétés proposent d’acquérir seulement une partie d’un bien immobilier, à travers des parts de SCI. L’investisseur ne devient pas propriétaire exclusif d’un riad, mais copropriétaire d’un actif partagé avec d’autres acquéreurs.

Le ticket d’entrée peut sembler attractif : autour de 20 000 euros pour plusieurs semaines de séjour par an dans un riad situé près de la côte atlantique. Les promoteurs mettent en avant des prestations haut de gamme : piscines privées, conciergerie, hammam, restaurants ou encore espaces de coworking.

Autre argument avancé : l’absence de contraintes liées à la gestion d’une résidence secondaire classique. L’entretien, la sécurité ou encore la maintenance seraient entièrement pris en charge par un opérateur spécialisé.

Des risques à ne pas sous-estimer

Mais derrière cette promesse d’accessibilité, plusieurs interrogations demeurent. D’abord sur la liquidité du placement. Revendre des parts de SCI fractionnée peut s’avérer plus compliqué que la vente d’un bien immobilier classique, surtout si le marché ralentit ou si la demande faiblit.

La question de la valorisation réelle du bien se pose également. Contrairement à un achat immobilier traditionnel, l’investisseur ne maîtrise ni totalement l’usage du bien, ni les décisions de gestion prises collectivement par la structure propriétaire.

Autre point sensible : les charges et frais annexes. Même si la gestion est présentée comme « tout compris », certains contrats peuvent prévoir des coûts supplémentaires liés à l’entretien, aux services ou à l’exploitation touristique du site.

Enfin, ce type d’investissement repose fortement sur la solidité de la société qui porte le projet. En cas de difficultés financières de l’opérateur, les propriétaires de parts pourraient se retrouver exposés à des complications juridiques ou à une perte de valeur de leur investissement.

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L’immobilier fractionné au Maroc apparaît donc comme une formule hybride : plus accessible qu’un achat classique et potentiellement séduisante pour des vacanciers réguliers, mais loin d’être dénuée de risques. Avant d’investir, plusieurs spécialistes recommandent de vérifier attentivement les statuts de la SCI, les conditions de revente des parts et les garanties juridiques proposées.