Ridouan Taghi, chef de la Mocro Maffia, désespéré
Ridouan Taghi cherche désespérément un avocat pour assurer sa défense dans le procès Marengo. Le leader de la Mocro maffia, s’est dit prêt à accepter « n’importe quel défenseur désigné, quelle que soit sa compétence ».
Lors d’une audience retransmise jeudi par visioconférence depuis la prison de haute sécurité (EBI) de Vught où il est incarcéré, Ridouan Taghi, qui conteste sa condamnation à perpétuité, a déclaré avoir tenté en vain de se trouver un avocat pour assurer sa défense. « Je saisirais la moindre bouée de sauvetage », a-t-il déclaré. Le leader de la Mocro maffia a en outre accusé la Cour d’appel d’Amsterdam de ne pas laisser suffisamment de temps aux avocats souhaitant le représenter pour préparer sa défense.
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« Vous êtes comme un conducteur de TGV qui a appuyé sur l’accélérateur, mais ignore où se trouve le frein d’urgence », a-t-il lancé aux juges. Selon le criminel marocain, cette difficulté à trouver un avocat s’explique par le climat de suspicion et de peur entourant tout avocat qui accepterait de le défendre. « Toute personne qui me défend deviendra un paria. Un avocat y réfléchira cent fois avant d’accepter », a affirmé Taghi, ajoutant que « normalement, je ferais valoir mon droit au silence, mais je dois me battre pour trouver un avocat. »
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Le baron de la mafia marocaine est sans avocat depuis l’arrestation en avril 2025 de son précédent conseil, Vito Shukrula, accusé d’avoir transmis des informations à l’organisation criminelle active aux Pays-Bas, en Belgique et en Espagne. La situation est inédite, selon un porte-parole de la Cour d’appel, qui rappelle que depuis le début de la procédure en appel, Taghi a passé 10 mois sur 19 sans avocat. Une situation « indésirable », reconnaît la cour qui souhaite voir le procès se poursuivre.
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Le criminel a également évoqué ses conditions de détention à l’EBI. « C’est un régime sans loi. Cela fait six ans que je suis à l’isolement, je ne vois personne, je n’entends personne. Je n’ai pas pu passer un seul appel téléphonique depuis trois ans et demi. Je veux en finir au plus vite », a-t-il déploré. Le ministère public a demandé que le contrôleur de la profession d’avocat soit à nouveau saisi pour trouver un conseil à Taghi. « Nous ne prévoyons aucune issue avant deux ou trois mois. »