La Rochelle : le calvaire des étudiants marocains

16 décembre 2021 - 19h00 - France - Ecrit par : A.P

Trouver un logement à La Rochelle relève d’un véritable parcours du combattant pour les étudiants en général et Marocains en particulier. Pour cette rentrée universitaire 2021-2022, le nombre d’étudiants a augmenté de 13 % par rapport l’année dernière, une situation qui risque d’aggraver le manque déjà manifeste de logements.

« Si j’avais su, je pense que je n’aurais pas choisi de venir ici », se désole David, étudiant en master de Langues étrangères appliquées qui a eu du mal à se trouver un logement à La Rochelle, une ville où le marché immobilier est très tendu. Comme lui, Khaoula, une jeune Marocaine arrivée en septembre pour commencer son master en génie civil à la rentrée universitaire 2021-2022, est à la recherche d’un logement. « J’avais loué un Airbnb pendant dix jours, je pensais que ça me laisserait le temps de trouver un logement », a-t-elle confié à France Info.

A lire : Difficile pour les étudiants marocains de trouver un logement en France

À la fin des dix jours, l’étudiante marocaine est toujours sans logement, alors que la rentrée des classes approche. « J’ai commencé à avoir peur et je suis allée en parler à l’Université. Ils m’ont redirigé vers la mairie qui aidait beaucoup d’étudiants », raconte-t-elle. Finalement, elle a obtenu un logement dans un camping, à environ une heure de route de l’Université. N’ayant pas trouvé une solution à son problème après une semaine de séjour dans le camping, Khaoula a décidé de changer de ville et de faire son master à Lorient. Elle y trouve rapidement un logement.

A lire : En France, la vie sera plus chère pour les étudiants marocains

Pourtant, de nombreux étudiants dans la même situation que Khaoula, sont pris en charge par la ville. « Les dépenses du CCAS nous ont permis d’accompagner 88 étudiants qui ne trouvaient pas de logement. Nous leur avons tous trouvé une solution pérenne », a déclaré Danièle Carlier-Misrahi, adjointe au maire de La Rochelle, en charge de l’action et de la cohésion sociale.

Dans la plupart des cas, les résidences universitaires sont limitées et réservées en priorité aux boursiers. Selon un étudiant, le loyer moyen d’un studio à La Rochelle est de 494 euros, plus cher qu’à Nantes, Rennes, Lille ou Strasbourg. Les autorités de la ville sont conscientes de la situation. « Nous manquons clairement de logements. L’Arhpej entame la construction de deux nouvelles résidences, mais elles ne seront prêtes qu’en 2024. Nous devons trouver d’autres solutions en attendant », explique l’adjointe Danièle Carlier-Misrahi.

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