À Rabat, les opérations de démolition passent mal

- 18h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Les membres de la Fédération de la Gauche Démocratique au sein du conseil municipal de Rabat voient d’un mauvais œil les opérations de démolition et de relogement qui ont touché plusieurs quartiers tels que l’Océan et Douar El Askar et appellent à leur arrêt immédiat. Ils évoquent par ailleurs le décret approuvant le plan d’aménagement et le règlement associé pour la commune.

L’opération de démolition à Douar El Askar aurait dû être accompagnée d’un relogement sur place, en tenant compte des conditions économiques et sociales des habitants, afin d’éviter de reproduire les expériences passées où des centaines de résidents des bidonvilles ont été déplacés à plusieurs dizaines de kilomètres de leurs quartiers d’origine, transformant ainsi ces nouvelles cités en foyers de chômage, de décrochage scolaire et de criminalité, ont souligné les membres de la Fédération de la Gauche démocratique au sein du conseil municipal de Rabat dans un communiqué.

Selon leurs explications, les autorités de la ville de Rabat n’ont toujours pas révélé le sort réservé au terrain de Douar El Askar, alors que des rumeurs font état de sa transformation en terrain de golf, « ce qui constituerait, selon eux, un scandale urbanistique majeur dans la capitale. » Un plan d’aménagement pour la capitale Rabat a été récemment publié. « Le plan d’aménagement de la ville de Rabat, publié au Bulletin officiel en date du 20 février 2025, confère à cette zone (ZP1) un statut particulier qui accorde de larges pouvoirs à une commission présidée par le Wali de la région Rabat-Salé-Kénitra, afin d’approuver les plans urbanistiques dans ce secteur », ont indiqué les élus.

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« Les demandes formulées par les autorités locales aux habitants du quartier de Saniat Gharbia et de certaines zones du quartier Océan d’évacuer leurs logements ne reposent sur aucun fondement juridique, d’autant plus que la plupart des habitants détiennent des documents de propriété et de conservation foncière, en l’absence de tout décret d’utilité publique pouvant justifier une expropriation, ce qui constitue une violation du principe constitutionnel du droit à la propriété privée », ont estimé ces conseillers, s’interrogeant sur la véritable partie bénéficiaire de cette opération.

Selon la Fédération, l’élargissement de plusieurs avenues à Rabat et les opérations d’expropriation qui les accompagnent pourraient être justifiés dans certains cas, mais ils demeurent injustifiés et incompréhensibles dans de nombreuses autres situations, notamment concernant l’avenue Mohammed VI, qui dispose déjà, sur sa majeure partie, de trois voies dans chaque sens. C’est pourquoi, elle demande aux autorités publiques de la ville de Rabat « de fournir des clarifications suffisantes sur les projets prévus à Douar El Askar, au quartier Océan, ainsi que dans les autres zones ayant subi des démolitions, et de révéler clairement l’identité des véritables bénéficiaires de cette opération ».

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Aussi, appelle-t-elle à « l’arrêt immédiat des opérations de démolition et de relogement, et au respect strict des lois en vigueur, en premier lieu la Constitution marocaine qui protège la propriété privée en l’absence de tout décret établissant une utilité publique.

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