Tourisme : Bataille pour des parts de marché

- 18h21 - Maroc - Ecrit par :

PAS plus de 99 euros hors taxes, soit 150 euros TTC (en y ajoutant les différentes taxes aéroportuaires, la surcharge de carburant et séjour) pour 7 jours à Marrakech ou Agadir. Dans ce prix sont compris les nuitées, la demi-pension et le transport par avion. C’est une promotion lancée par le tour-opérateur, Etapes Nouvelles. Ce TO qui met en ébullition les professionnels marocains est devenu, en peu de temps, le premier émetteur du tourisme en France vers le Maroc. C’est une offensive marketing du TO, destinée à faire parler de la marque en France et fermer les portes devant les concurrents.

Joints par téléphone, les responsables d’Etapes Nouvelles à Paris expliquent que “ce sont des forfaits confectionnés sur la base d’un prix du yield management à partir d’un historique de 4 ans de nos exercices comptables”. “Nous avons des volumes de sièges d’invendus durant des périodes. Ils correspondent à ces 20.000 voyages mis en vente à ce prix. D’où cette opération avec comme prix d’appel de 99 euros. Ce tarif couvre les prestations terrestres et hôtelières”, expliquent les responsables du groupe, qui ajoutent que l’opération est sous contrôle de la DGCCR (direction générale de la concurrence en France). Il n’en reste pas moins que l’opération a surpris plus d’un en France, à la veille du lancement des brochures été (tarifs). La réaction n’a pas tardé d’ailleurs. Nouvelles frontières (TUI) s’apprêterait à exporter des séjours sur Marrakech à 89 euros.
Au Maroc, les professionnels crient au scandale. Ces offensives sont qualifiées “de campagne de bradage, pour acquérir des parts de marché”. “La destination Marrakech prend un sérieux coup, surtout qu’elle se place dans le haut de gamme. Pour avoir des prix pareils, c’est une forte pression qui a été exercée sur les hôteliers”, analyse Faouzi Zemrani, président de la Fédération des agences de voyages.
Normalement, l’opération est ponctuelle et concerne les périodes creuses statistiquement, et des places limitées, tempère Othmane Chérif Alami, d’Atlas Voyage, réceptif d’Etapes Nouvelles au Maroc.
Même son de cloche auprès de Redouane Reghaye, directeur de l’ONMT en France. “Sont concernés par cette promotion quelque 2.000 packages au Maroc et durant l’arrière-saison”, indique Reghaye, qui tient à préciser que cette promotion est en dehors de celle subventionnée par l’ONMT.
Au total, le TO table donc sur 20.000 touristes pour les 4 pays, (Grèce, Tunisie, Maroc et Turquie) inclus dans cette promotion. “Les packages sont vendus hors brochures classiques et ne concernent que des mois par exemple de faible activité. Une dynamique déjà utilisée dans d’autres pays”, défend encore Alami. Pourtant, sur le Net, la période indiquée est bien comprise entre avril et octobre. Elle porte un triple objectif, selon Alami. D’abord remplir les vols vides dans certaines saisons, faire rentrer du cash, et par la même occasion s’offrir une campagne marketing et publicitaire.
Pour les détracteurs, même s’ils sont ponctuels, ces tarifs risquent d’installer définitivement ces prix auprès du consommateur : Pour le président du Conseil régional du tourisme, Kamal Bensouda, si le marché est libre, une exception doit être faite pour le tourisme. “Installer des prix aussi bas risque de perturber la lisibilité de Marrakech. Le TO devra confirmer que c’est une opération ponctuelle et non une braderie tarifaire”, prévient le président du CRT. “Difficile suite à ce prix d’appel de commercialiser un séjour au prix moyen de 400 euros. Du reste, quel sera le produit et quelle qualité pour 99 euros”, s’interroge un professionnel.
Réponse auprès de Alami, “le Maroc a besoin d’une industrialisation du tourisme si les objectifs escomptés sont les 10 millions de touristes”. Il faut dire aussi que des TO comme Etapes Nouvelles, sont des grossistes avec des centrales d’achat qui arrivent à négocier des prix auprès des hôteliers.
Ces promotions font resurgir l’éternel débat sur le positionnement du Maroc sur le marché, international des voyages depuis l’arrivée du groupe Marmara au Maroc en 1998. Sa filiale, Etapes Nouvelles, spécialisée dans le segment économique du marché nuirait à l’image de la destination marocaine, commentaient alors les professionnels. 7 ans plus tard, le Maroc vend toujours ses produits de luxe. Pour le directeur d’Atlas Blue, El Oufir, “c’est un faux débat, plus l’on va vers ces segmentations, plus il y aura du volume. Marrakech n’est pas uniquement une ville de jet-set. Ceux qui viennent au Maroc à 99 euros reviendront pour essayer des produits plus prestigieux”, conclut-il.

Badra Berrissoule - L’Economiste

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