Grande Mosquée de Metz : la justice tranche

- 19h00 - France - Ecrit par : S.A

La cour administrative d’appel de Nancy a donné raison aux porteurs du projet de Grande Mosquée à Metz.

La cour administrative d’appel de Nancy a validé le 27 mars dernier la légalité du permis de construire octroyé en juillet 2019 par la ville à l’Union des associations cultuelles et culturelles des musulmans de Metz (UACM) pour la construction d’une mosquée, boulevard de la Défense, confirmant ainsi le jugement rendu par le tribunal administratif de Strasbourg, rapporte SaphirNews. Par cette décision, la cour donne tort aux riverains du projet, qui l’avaient saisie. Ceux-ci avaient demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler le permis en invoquant la violation de plusieurs dispositions du plan local d’urbanisme de la ville, notamment des risques d’atteintes à la tranquillité, à la sécurité et à la circulation dans le quartier ainsi que des risques liés à la capacité d’accueil maximale du projet, évaluée à 4 725 personnes.

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Dans son arrêt, la Cour révèle que « les flux de personnes les plus importants seront constatés ponctuellement à l’occasion de la prière du vendredi et des deux fêtes religieuses annuelles », l’Aïd el-Fitr et l’Aïd al-Adha, et en déduit que « la fréquentation ordinaire du site n’atteindra pas la capacité maximale d’accueil ». Les juges font également remarquer que « le secteur d’implantation retenu compte déjà de nombreux équipements publics à l’origine de rassemblements et de flux de personnes tels que des bâtiments administratifs et des établissements scolaires, de sorte que les nuisances sonores ou celles résultant de la circulation ou du stationnement ne devraient pas excéder celles déjà rencontrées ».

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En plus des 114 places de stationnement et 6 abris à vélos, il y a également des offres de stationnement public importantes qui « sont disponibles à proximité de la construction et le site est desservi par plusieurs lignes de transport en commun, de même que par des pistes piétonnes et cyclables ». « Si les requérants soutenaient que le projet s’insérait mal dans l’environnement existant, la cour considère que le quartier ne présente pas d’unité de style ou de qualité architecturale particulière et que les édifices cultuels n’ont pas été exclus des constructions autorisées dans le secteur », font savoir les juges. Ils notent que « le projet vise à favoriser les échanges cultuels et culturels » du fait qu’il comporte « divers lieux de rencontres (restaurant, bibliothèque, commerces, hammam, salle de sport) qui seront ouverts à tous ».

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La décision de la Cour est synonyme d’un double soulagement pour les responsables de l’UACM. En février dernier, ceux-ci avaient appris que l’Union des familles laïques de Moselle (UFAL 57) ne compte pas faire appel de la décision l’ayant déboutée en justice concernant une demande d’annulation d’une subvention municipale d’un demi-million d’euros.

L’UACM a certes gagné une victoire, mais elle se heurte à une énorme difficulté : le chantier est actuellement suspendu « en raison de contraintes budgétaires ». L’organisation est en quête de financement pour reprendre les travaux d’ici à la fin de l’année 2025. Dans ce sens, elle a lancé en mars un appel à collecter 2 millions d’euros.

Par ailleurs, les opposants au projet ont la possibilité de saisir le Conseil d’État d’un recours en cassation dans un délai de deux mois.

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