Volkswagen entre au Maroc, mais pas pour y fabriquer des cellules de batteries
Volkswagen va prendre 49 % d’un projet industriel à Kénitra aux côtés de Gotion. Le site marocain ne produira pas les cellules : il fournira les matériaux de cathode LFP destinés à alimenter la chaîne européenne du groupe allemand.
L’accord annoncé lundi 28 septembre par Volkswagen prévoit la création de trois coentreprises au Maroc, en Espagne et en Slovaquie. Chacune occupera une place différente dans la production des batteries lithium-fer-phosphate.
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À Kénitra, Gotion détiendra 51 % de la future société et PowerCo, la filiale batteries de Volkswagen, les 49 % restants. Leur usine produira des matériaux actifs de cathode, l’un des composants essentiels des cellules LFP.
La nuance est importante : le site marocain ne fabriquera ni cellules ni batteries terminées. Les matériaux produits à Kénitra devront être associés à une anode, un électrolyte et d’autres composants pour former une cellule, elle-même ensuite assemblée en module puis en pack.
La fabrication des cellules est réservée aux deux sites européens. À Valence, PowerCo conservera 51 % d’une coentreprise destinée à devenir un grand centre européen de production LFP. À Šurany, en Slovaquie, Gotion contrôlera 51 % d’une usine fournissant l’automobile électrique et les systèmes stationnaires de stockage.
Kénitra en amont des usines européennes
Le Maroc se retrouve ainsi placé au début de la chaîne industrielle européenne de Volkswagen. Le constructeur veut diversifier ses sources de matériaux de cathode, sécuriser ses approvisionnements et réduire sa dépendance envers les producteurs asiatiques.
L’enjeu est important : Volkswagen estime que la part des batteries LFP en Europe pourrait passer d’environ 10 % actuellement à 40-60 % en 2030. Cette technologie, moins coûteuse et réputée robuste, est particulièrement adaptée aux voitures électriques de grande diffusion.
Le montage financier doit également être précisé. PowerCo apportera environ 470 millions d’euros au total aux projets de Kénitra et de Šurany d’ici 2030 pour acquérir 49 % de chacune des deux sociétés. Volkswagen ne précise pas quelle part de cette somme reviendra au Maroc. Gotion investira parallèlement environ 1,1 milliard d’euros pour prendre 49 % du site de Valence. L’ensemble reste soumis aux autorisations réglementaires et à l’approbation des actionnaires de Gotion.
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Cette usine de matériaux de cathode ne doit pas être confondue avec la gigafactory déjà développée par Gotion à Kénitra. Ce complexe doit, lui, fabriquer des cellules et des packs LFP et bénéficier d’un raccordement ferroviaire dédié. Volkswagen entre donc dans un projet marocain distinct, directement relié à l’approvisionnement de ses futures usines européennes.