Aéroport d’Al Hoceïma rénové mais sans vols : les MRE dénoncent l’abandon
L’aéroport Al-Charif Al-Idrissi à Al Hoceïma, bien qu’ayant bénéficié d’importants investissements de modernisation ces dernières années, est au cœur d’une vive polémique. Des acteurs locaux et des Marocains résidant à l’étranger dénoncent un « véritable isolement aérien », l’infrastructure rénovée n’étant accompagnée d’aucune ouverture de ligne internationale régulière, pourtant cruciale pour la région.
La province d’Al Hoceïma compte une importante communauté résidant à l’étranger, principalement en Espagne, France, Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Pourtant, l’aéroport ne propose quasiment aucun vol vers ces capitales européennes. Cette situation oblige des milliers de voyageurs à atterrir dans des aéroports éloignés et à subir de longs et coûteux trajets terrestres pour rejoindre leurs familles, un fardeau financier et moral accentué par la suspension des liaisons maritimes.
Un frein pour le tourisme et l’économie locale
Selon les acteurs du tourisme de la région citées par Rue20, cet enclavement ne freine pas seulement le dynamisme touristique ; il impacte négativement l’activité économique et accentue l’isolement de la province, faisant de l’aéroport un outil vital sous-exploité. La frustration est d’autant plus grande que les promesses répétées d’ouverture de lignes, comme celle reliant Al Hoceïma à Malaga, n’ont jamais dépassé le stade des déclarations officielles.
Face à cet immobilisme, des acteurs civils et des défenseurs des droits ont lancé un appel urgent aux responsables locaux et aux parlementaires. Ils demandent de « passer de la phase des déclarations à celle de la mise en œuvre effective ». La solution, selon eux, réside dans l’ouverture de liaisons aériennes directes et régulières tout au long de l’année vers les villes européennes à forte concentration de diaspora, telles que Madrid, Barcelone, Paris, Bruxelles ou Amsterdam.