Nouveau rebondissement dans l’affaire Belliraj

27 décembre 2020 - 12h20 - Belgique - Ecrit par : S.A

L’affaire Belliraj du nom du chef du réseau terroriste condamné à perpétuité au Maroc connaît un nouveau rebondissement judiciaire. La chambre des mises en accusation de Bruxelles a constaté la prescription de l’action publique dans le dossier criminel concernant six assassinats politiques commis en Belgique à la fin des années 1980.

En l’absence de preuves suffisantes, le parquet fédéral avait requis un non-lieu, ainsi que la prescription. Suivant cette décision, la chambre des mises en accusation confirme un seul point : les faits sont bel et bien prescrits, après 30 ans d’enquête, rapporte Belga. En 2016, cette chambre avait procédé à de nouveaux devoirs d’enquête, notamment la production de pièces issues de la Sûreté de l’État concernant Abdelkader Belliraj, le principal suspect des assassinats. La suite ? Statu quo.

«  Finalement, ma cliente n’aura qu’une partie de la vérité et jamais la justice. Abdelkader Belliraj a assassiné le docteur Wybran avec des membres de l’équipe qu’il avait constituée pour tuer des Juifs et des Arabes opposés à la fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie. Il a été condamné au Maroc pour cet assassinat. Ses complices en Belgique ne seront, eux, jamais poursuivis  », a déploré Michèle Hirsch, avocate de l’épouse de Joseph Wybran.

«  Belliraj était informateur de la Sûreté de l’État belge. Il y avait été engagé alors qu’il avait commis ces assassinats pour infiltrer des milieux terroristes  », a soutenu l’avocate, rappelant que la chambre des mises en accusation de Bruxelles avait demandé à la Sûreté de l’État de communiquer les documents classifiés et secrets concernant Belliraj, mais elle a refusé. «  Et aujourd’hui le temps a passé et la chambre des mises en accusation a constaté la prescription. La raison d’État a triomphé. Madame Wybran, le CCOJB, l’Université Libre de Bruxelles et les familles des autres victimes ne connaîtront jamais toute la vérité dans cette affaire  », a commenté la pénaliste.

«  Il est sûr que s’il y avait eu quelque charge à l’encontre de mon client on n’aurait pas attendu la prescription  », a commenté pour sa part, Vincent Lurquin, l’avocat de Belliraj. «  Mon client a été kidnappé, séquestré et torturé. Le procureur a également souligné ce risque que les aveux ont été faits sous la torture  », a-t-il ajouté.

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