Affaire Mila : une ministre française sur la sellette
Pour avoir déclaré que l’insulte contre une religion constituait "une atteinte à la liberté de conscience", la ministre de la Justice, Nicole Belloubet fait l’objet de vives critiques.
"Dans une démocratie, la menace de mort est inacceptable […]. L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience ; c’est grave, mais ça n’a pas à voir avec la menace (de mort) ", avait déclaré Nicole Belloubet. Les propos de la ministre faisaient allusion à l’affaire Mila, du nom de cette adolescente de 16 ans qui avait tenu des propos hostiles à l’islam sur Instagram. Ce qui lui a valu une campagne de cyberharcèlement et des menaces de mort.
Les propos de la ministre française de la Justice ont été vertement critiqués par des responsables politiques à droite comme à gauche, indique l’AFP. Dans la foulée, c’est l’eurodéputé socialiste, Emmanuel Maurel, qui le premier, est monté au créneau pour fustiger le comportement de la ministre. "Qu’est-ce qui a pu se passer dans notre pays pour qu’une ministre de la République puisse dire que l’insulte à l’encontre d’une religion est une atteinte grave à la liberté de conscience !?", s’est-il indigné.
À sa suite, Laurence Rossignol, ancienne ministre socialiste et sénatrice, a attribué la note de "0/20 en droit constitutionnel" à Mme Belloubet, qui est une ancienne membre du Conseil constitutionnel. "En France, il est interdit d’insulter les adeptes d’une religion, mais on peut insulter une religion, ses figures, ses symboles", a-t-elle tweeté.
Pou rappel, le procureur de la République près le parquet de Vienne dans l’Isère, a classé sans suite, ce jeudi 30 janvier, l’enquête pour "provocation à la haine raciale" à l’encontre de l’adolescente de 16 ans.