«  Enfance au Maroc  » : Hicham Houdaifa met le doigt sur les facteurs qui favorisent les agressions sexuelles sur les enfants

- 03h20 - Maroc - Ecrit par : G.A

Le journaliste et écrivain Hicham Houdaifa s’est fait porte-voix de la souffrance des enfants violentés dans son dernier ouvrage intitulé « Enfance au Maroc  : une précarité aux multiples visages ». Dans ce livre, il plaide pour que la question de la protection et du respect des droits des enfants soit une urgence nationale.

Hicham Houdaïfa affirme qu’après avoir travaillé sur la situation des femmes précarisées dans son livre « Dos de femme, dos de mulet, les oubliées du Maroc profond, En Toutes Lettres, 2015 », il était naturel qu’il se consacre à la situation des enfants en difficulté. Dans son ouvrage, il aborde différentes thématiques que sont les enfants de la rue, le travail précoce, la réalité dans les centres de protection de l’enfance, l’exploitation sexuelle des enfants, l’accès aux soins et à l’école pour les enfants en situation de handicap.

Avant d’écrire ce livre, ses recherches l’ont conduit dans des régions où les gens vivent l’extrême pauvreté, les enfants sont privés du droit à l’instruction, d’accès à la santé, parfois de nutrition et d’eau potable. Il est allé dans des zones où les enfants privés du minimum se livrent à des activités dans les champs, les ateliers clandestins. Les moins chanceux doivent faire face à la maladie d’un parent, la démission du père ou de la mère et la violence au quotidien.

Hicham Houdaïfa accuse les autorités pour la légèreté dont elles font preuve dans la gestion des dossiers liés à l’enfance. Pour lui, la coordination entre les parties impliquées dans la protection de l’enfance laisse à désirer et les ressources humaines dédiées à la protection de l’enfance sont insuffisantes. Cela explique quelque part la recrudescence des crimes sexuels dont sont victimes les enfants. Pour lui, c’est un appel au secours pour la mise en œuvre d’une véritable politique de protection de l’enfance, rapporte Maroc Diplomatique.

Le journaliste a également mis en évidence les facteurs qui empêchent les enfants de signaler les abus dont ils sont victimes. Selon les témoignages reçus des assistances sociales, il en ressort que la notion du tabou et la honte font que de nombreux crimes contre les enfants ne sont pas signalés. Parfois c’est une question d’honneur ou de sauvegarde de la réputation de la famille.

Pour renverser la tendance, le journaliste écrivain propose, entre autres, le renforcement des campagnes de sensibilisation dans les médias publics, pour favoriser le signalement. Accompagner également la société dans ses efforts de lutte contre les violences et abus dont sont victimes les enfants, précise la même source.

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