Aïd al-Adha : les Marocains font attendre les éleveurs
À deux semaines de l’Aïd al-Adha, l’affluence dans les marchés aux bestiaux marocains reste anormalement faible. Frappées par l’inflation, les familles hésitent à acheter leur mouton, suscitant l’inquiétude grandissante des éleveurs face à cette demande en chute libre.
Dans les souks hebdomadaires du nord et du centre du pays, les ventes du week-end n’ont pas atteint les objectifs espérés. Malgré une offre abondante sur place, les éleveurs constatent un net recul de la demande, directement influencée par les débats sur la vie chère et les appels au boycott relayés sur les réseaux sociaux. Au marché d’Ouled Hmid, près de Ksar El Kébir, l’attentisme règne en maître. De nombreux citoyens préfèrent désormais repousser leur acquisition aux tout derniers jours, espérant secrètement de meilleures offres ou une éventuelle baisse des tarifs.
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Cette grande prudence s’explique par une conjoncture économique difficile pour de nombreux ménages, contraints de revoir leurs habitudes de consommation. Les acheteurs examinent longuement les bêtes sans finaliser la transaction, échaudés par des tarifs jugés excessifs. L’offre se résumant souvent à des animaux maigres nourris au pâturage, le citoyen « ne cherche plus seulement à acheter un mouton, mais veut également obtenir la qualité au bon prix », observe l’éleveur Mohamed El Akhal. Or, sur les marchés de premier choix, le kilo se négocie entre 78 et 83 dirhams. Une bête de 60 kilos peut ainsi atteindre 4 800 dirhams, représentant un effort financier considérable.
Face à cette hausse qualifiée d’« indéniable », les professionnels de la filière pointent de graves dysfonctionnements. Interrogé par Hespress, Hicham El Jaoubari, représentant régional des marchands de viande en gros de Casablanca-Settat, estime que cette crise découle directement du gel des importations et du laxisme concernant l’abattage des femelles.
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Alors que les seuls abattoirs casablancais sacrifient 1 400 têtes par jour, il juge que le gouvernement aurait dû ouvrir les importations non subventionnées. Une mesure qui aurait permis de garantir un approvisionnement suffisant à des prix raisonnables, tout en préservant la sécurité alimentaire du pays.