Aïd al-Adha : mauvaise nouvelle pour les Marocains

- 07h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

À l’approche de l’Aïd al-Adha, les marchés aux bestiaux de la région de l’Oriental s’animent. Mais la flambée des prix des moutons provoque la colère des acheteurs, tandis que les éleveurs pointent du doigt l’explosion des coûts.

La facture s’annonce salée pour les familles. Sur les marchés, un mouton se négocie actuellement entre 3 000 et 6 000 dirhams selon son poids et sa race, certains vendeurs affichant même le kilo à 75 dirhams. Cette envolée tarifaire pèse lourdement sur le budget des ménages, qui perçoivent cet achat comme un fardeau supplémentaire face à la cherté de la vie. Un boucher, interrogé par Al3omk, affirme de son côté que « les prix connaissent une sorte de stabilité par rapport à l’année dernière », tout en concédant des écarts allant jusqu’à 800 dirhams pour une même bête. La pression sur la demande est par ailleurs accentuée par le retour des Marocains résidant à l’étranger, particulièrement dans les secteurs de Nador, Driouch et Berkane.

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Du côté des éleveurs, la situation est tout aussi critique. années successives de sécheresseesse ont asséché les pâturages naturels, les obligeant à se rabattre sur des aliments industriels hors de prix. La botte de luzerne frôle désormais les 120 dirhams, s’ajoutant à la hausse vertigineuse du blé et de l’orge. À ces dépenses s’additionnent les frais de transport et de suivi vétérinaire qui rognent drastiquement les marges. Pris à la gorge, certains professionnels ruraux se voient contraints de vendre une partie de leur troupeau simplement pour payer le fourrage et subvenir à leurs besoins vitaux, l’élevage restant leur unique ressource.

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Malgré cette conjoncture difficile, le cheptel régional affiche une certaine résilience. Les statistiques de 2025 recensent 2,6 millions de têtes réparties entre 62 000 exploitants. Ce volume, composé de 1,8 million d’ovins et 738 000 caprins, représente 8 % du troupeau national. Les récentes précipitations ont légèrement amélioré les conditions d’élevage des célèbres races locales comme la Beni Guil, la Chakra, la Sarandia ou la Daghma. Les agriculteurs ont d’ailleurs accéléré l’engraissement avec plus de 8 100 unités opérationnelles d’une capacité de 340 000 têtes, espérant rassurer les clients d’ici le jour de la fête.