En difficulté, l’Algérie persiste à refuser la main tendue du Maroc

- 17h40 - Maroc - Ecrit par : S.A

Alors que les flammes continuent de ravager le nord de l’Algérie, les autorités du voisin de l’Est refusent d’accepter la main tendue du roi Mohammed VI. Le politologue Kader Abderrahim, également directeur de recherches à l’Institut de prospective et de sécurité en Europe (IPSE), et maître de conférences à Sciences-Po, explique que cette position se justifie par une question « très politique ».

Sur instructions du roi Mohammed VI, deux Canadairs ont été mobilisés pour aider l’Algérie qui livre un combat contre les incendies. Les autorités algériennes n’ont pas, pour l’instant, donné leur accord. « La rivalité entre les deux pays est très ancienne, quasiment depuis l’indépendance. Ajoutez à cela les déclarations, il y a quelques semaines, de représentants du Maroc à l’ONU, pour faire un peu écho à la bataille que se livrent les deux pays à propos du Sahara, qui ont réclamé l’autodétermination pour les Kabyles. Donc il y a cette rivalité et une surenchère diplomatique, une surenchère de mots qui aujourd’hui obère les relations et l’intégration régionale, l’intégration maghrébine dans un contexte, on le voit aujourd’hui, qui est quand même tragique », explique à France Info le politologue Kader Abderrahim.

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Selon lui, la question est davantage politique avant d’être humanitaire, malgré l’urgence. « Elle est aujourd’hui très politique, très diplomatique. On voit bien que l’Algérie est totalement débordée à la fois par la tragédie des incendies de forêt auxquels nous assistons, impuissants, mais également débordée par la pandémie de Covid-19. Il en va de la gestion des incendies de forêt, comme de tout le reste dans ce pays », explique-t-il encore. Le directeur de recherches à l’Institut de prospective et de sécurité en Europe fait remarquer que « l’Algérie brûle ». « Il est clair que l’isolement diplomatique et l’impasse politique n’ont pas permis au régime algérien de réagir comme il le fallait, ni d’anticiper. Parce que ça fait très longtemps que l’Algérie est concernée », ajoute-t-il.

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