Un bébé de 14 mois refusé en urgence : deux cliniques marocaines risquent la fermeture

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : Betty de G.

Deux cliniques privées de Larache ont reçu un ultimatum du ministère de la Santé après avoir refusé de prendre en charge un bébé de 14 mois dans un état jugé critique. Elles pourraient être fermées si elles ne corrigent pas les manquements constatés.

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a reçu le rapport de la commission chargée d’enquêter sur les deux établissements. Des inspecteurs régionaux et centraux ont participé à cette mission.

Le rapport aurait relevé plusieurs infractions ainsi que l’absence d’équipements indispensables dans les deux cliniques. Des insuffisances concernant leurs infrastructures ont également été constatées.

L’affaire remonte à la venue à Larache d’une famille originaire de Rabat. Leur enfant de 14 mois présentait une très forte fièvre, un écoulement de salive et une perte de conscience presque complète. Malgré son état, les parents affirment avoir été refoulés tard dans la soirée par deux établissements privés.

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Dans les deux cliniques, il leur aurait été expliqué que le médecin de garde ne pouvait pas examiner un enfant aussi jeune en l’absence d’un pédiatre. Le spécialiste qui suivait habituellement le bébé avait pourtant proposé de communiquer par téléphone avec le médecin présent afin de lui transmettre ses instructions. Cette solution aurait elle aussi été refusée.

La famille s’est finalement rendue à l’hôpital provincial public Lalla Meryem. L’enfant y a été immédiatement pris en charge par le service des urgences et a pu surmonter cette crise, selon sa mère.

Un ultimatum, pas encore une fermeture

À la suite de la plainte déposée auprès du ministère de la Santé et du Secrétariat général du gouvernement, les deux cliniques ont reçu des observations particulièrement sévères. Elles disposent désormais d’un délai pour réaliser les travaux nécessaires et acquérir les équipements manquants.

Une fermeture n’a donc pas encore été prononcée. Elle pourrait intervenir si les établissements ne se conforment pas aux recommandations des inspecteurs. Leurs responsables ont également été sommés de ne plus refuser un patient se présentant dans un état critique.

Cette affaire intervient alors qu’Amine Tahraoui a déjà affiché une position ferme face à certaines pratiques des cliniques privées, notamment concernant leur financement et le respect de leurs obligations envers les patients.

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La mère demande désormais que les responsabilités soient établies et que les autorités déterminent si le refus opposé à son enfant constitue un manquement professionnel ou une abstention de porter assistance à une personne en danger.