Le calvaire de Farah, homosexuelle marocaine expulsée des États-Unis vers le Cameroun
Une ressortissante marocaine de 21 ans, menacée de mort par sa famille en raison de son homosexualité, a été expulsée des États-Unis vers le Cameroun. Ce transfert, opéré malgré une décision de justice américaine, l’a finalement contrainte à un retour clandestin au Maroc.
Farah, dont l’identité réelle est préservée par crainte de persécutions, fait partie des dizaines de migrants expulsés par l’administration Trump vers des pays tiers. Selon le journal The Daily Mail, elle a été transférée au Cameroun — où l’homosexualité est également illégale — en dépit d’une ordonnance de protection d’un juge de l’immigration interdisant formellement son renvoi au Maroc en raison des risques pour sa vie.
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Après avoir fui les violences familiales au Maroc et traversé six pays depuis le Brésil pour atteindre la frontière américaine, la jeune femme a été détenue durant près d’un an en Arizona puis en Louisiane. Elle décrit des conditions de détention précaires, marquées par le froid et l’insuffisance des soins médicaux, avant d’être menottée et placée dans un vol vers Yaoundé sans avertissement préalable.
Des avocats spécialisés dénoncent une « faille » juridique utilisée par les autorités américaines pour contourner les protections judiciaires via des accords avec des pays tiers comme le Ghana ou l’Ouganda. En renvoyant Farah vers le Cameroun sans possibilité de recours, Washington est accusé d’avoir violé ses propres lois et obligations internationales. L’administration défend toutefois ces mesures, affirmant appliquer la loi « telle qu’elle est écrite » pour tout étranger jugé en situation irrégulière.
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Aujourd’hui de retour au Maroc faute d’alternative sécurisée au Cameroun, Farah vit dans la clandestinité et la peur d’être traquée par ses proches. « Ce qui m’a été fait était injuste. Traverser autant d’épreuves pour être finalement expulsée de cette manière est cruel », a-t-elle confié.