Carte Jawaz : MRE et Marocains dénoncent un tarif injuste

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

La décision de la Société nationale des autoroutes du Maroc d’augmenter le prix de la carte « Jawaz » de paiement anticipé passe mal auprès des usagers de la route – Marocains vivant dans le royaume et des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Ceux-ci demandent une révision de sa politique tarifaire et de gestion adoptée, de manière à garantir une équité d’accès aux services de paiement intelligent sans les imposer comme option obligatoire, et dans le respect des engagements de l’entreprise envers les citoyens.

La carte « Jawaz » vendue à 50 dirhams avec un crédit initial de 40 dirhams est passée à 80 dirhams sans aucun crédit inclus, suscitant l’indignation des usagers de la route. « J’ai été surpris par le nouveau prix. J’ai acheté la carte à 80 dirhams alors qu’elle était complètement vide. C’est une avidité manifeste et une exploitation des consommateurs, surtout que nous ne l’utilisons pas quotidiennement », fulmine de colère Abdelilah, chauffeur professionnel entre Casablanca et Fès, rencontré par le site Al3omk. « Les voies Jawaz sont devenues plus nombreuses que celles du paiement en espèces, ce qui nous oblige à acheter la carte pour éviter les longues files d’attente, alors que ce n’était pas un choix personnel », dénonce Zineb, employée se déplaçant régulièrement entre Rabat et Kénitra.

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Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) expriment eux aussi leur mécontentement. « Je pensais que la carte coûtait toujours 50 dirhams et comprenait un crédit, mais j’ai été surpris par le prix de 80 dirhams sans aucune contrepartie. Je vais passer moins d’un mois au Maroc et je ne vois pas la logique de payer ce montant », s’agace Abderrahmane, résident en France. « À cette période précise, des milliers de Marocains de l’étranger reviennent, et augmenter les prix maintenant nous donne l’impression d’être simplement une source de profit et rien d’autre », déplore Youssef, venu de Belgique. Selon un avocat au barreau de Rabat, l’adoption de la numérisation dans le secteur autoroutier est « une bonne chose », mais le problème réside dans la transformation du paiement anticipé en outil obligatoire.

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Ce modèle est acceptable pour des services comme le téléphone ou l’électricité, où la consommation est liée à un taux fixe, mais « les déplacements sur autoroute sont liés à des circonstances ponctuelles et irrégulières », a expliqué l’homme de droit, affirmant que l’imposition du paiement anticipé comme seule option « viole la relation contractuelle entre le consommateur et l’entreprise ». Il a ajouté que les personnes lésées par l’attente dans les files du paiement en espèces, en raison de la réduction du nombre de guichets, ont le droit de recourir à la justice et de réclamer une indemnisation pour le préjudice subi. Aussi, a-t-il appelé à exempter les usagers du paiement sur les tronçons faisant l’objet de travaux et de déviations, considérant que le service offert dans ces cas ne répond pas aux conditions de sécurité et de fluidité.

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Pour docteur Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur, cette augmentation est une « cupidité flagrante ». Il accuse la Société nationale des autoroutes de s’être « transformée en une entreprise prédatrice cherchant un profit rapide aux dépens du consommateur vulnérable ». Il a vivement critiqué le moment choisi – retour des MRE au pays. Selon lui, ADM exploite le retour des MRE, ce qui pousse certains d’entre eux à préférer d’autres destinations offrant une meilleure qualité et un meilleur service à des prix raisonnables. Kherrati exhorte les usagers de la route à répondre à cette augmentation par le boycott : « La solution est entre les mains du citoyen : c’est cher ? Je ne l’achète pas. Les citoyens doivent refuser d’acheter la carte et opter pour le paiement direct. »

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