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Un « Central Park » à Casa

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25 avril 2007 - 11h28 - Maroc

Qu’adviendra-t-il de l’ancien site de l’aérodrome Casa Anfa ? La conception de base est enfin dévoilée par l’AUDA (Agence d’aménagement et de l’urbanisation d’Anfa), agence spécialement créée pour prendre en charge le projet. Le plus grand projet jamais mis sur le marché au Maroc.

Le concours d’urbanisme international lancé il y a quelques mois a donné comme gagnant le cabinet de Bernard Reichen. L’architecte urbaniste connaît bien le Maroc puisqu’il a conçu le plan directeur de la vallée du Bouregreg (voir encadré).

Reichen a ainsi prévu une sorte de « Central Park » autour duquel gravitent des « villages » d’habitation, d’affaires, d’artisanat et de commerce, sans oublier les équipements de service, de culture et de loisir.

Comme base de réflexion, les participants devaient respecter des « invariantes ». Ce sont des principes qui doivent être introduits dans le projet. Il fallait ainsi mettre en place une « centralité » au sein du site. C’est-à-dire garantir l’accumulation des principaux équipements métropolitains : logement, pôle de travail et de service. « L’objectif est d’éviter la ville-dortoir ou l’autre extrême, à savoir la cité d’affaires qui devient une ville fantôme le soir », indique Khalid Amrani, directeur de l’AUDA.

Une autre directive consiste en l’aménagement de larges espaces verts en plus d’un grand parc. Ce dernier n’a pas qu’une fonction écologique mais également culturelle. Les responsables veulent en faire un lieu de rencontres artistiques, d’expositions, de spectacles… Le concepteur du projet a aussi pour consigne de respecter la mémoire du site. Cela commence par l’intégration des bâtiments existants, l’architecture ou encore l’introduction d’une symbolique faisant référence à la cité de l’air qu’abritait la zone.

Déplacer les militaires

Enfin le projet d’aménagement d’un centre multimodal est retenu comme l’étude de définition du projet l’avait préconisé. C’est un complexe qui doit accueillir gares routière et ferroviaire (métro et tramway éventuellement)… Un projet ambitieux qui aurait pour modèle la fameuse gare française Montparnasse.

Cela fait maintenant une année que la zone a été ouverte à l’urbanisation sur ordre royal. L’objectif étant de reconquérir un précieux terrain qui, autrefois périphérique, se positionne aujourd’hui en plein milieu de la ville.

Mais, pour cela, il faut d’abord finir d’assainir le foncier. L’opération qui se poursuit toujours ne présente pas de complication. Le retard accusé dans la libération du terrain est dû aux lourds équipements d’aviation civile et militaire qu’il faut déplacer vers le nouvel aérodrome de Benslimane.

Les militaires ont jusqu’à la fin de l’année pour déplacer leurs installations. Les responsables ont fait moins de cas des sociétés d’aviation privées locataires : transport, pulvérisateurs agricoles, écoles de formation, ateliers de maintenance… qui ont vite été chassées de l’aéroport (cf. L’Economiste 2 et 26 juillet 2006).

Propriété publique

La majorité du foncier de la zone est une propriété publique gérée par la ville, la direction des domaines ou les ALEM (Agence de logements et équipements militaires). C’est la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) qui s’occupe d’aménager les terrains.

C’est une phase qui se poursuit actuellement en parallèle avec la finalisation du plan directeur et les études de faisabilité. « Le plan retenu n’est pas forcément contraignant, nous en retenons les principales orientations, mais il est susceptible de modification et de réaménagement », indique Lamrini.

D’ailleurs, le plan attend toujours son intégration dans le schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU). Le projet, vu son emplacement et sa taille, bénéficie d’un traitement spécial. Il ne devra pas se conformer au directive du plan de diagnostic élaboré par l’Agence urbaine de Casablanca (AUC) mais sera introduit comme entité globale. Peut-être même que ce sera à l’AUC de planifier autour. Une chance donc que l’élaboration d’un tel chantier coïncide avec la conception d’un nouveau SDAU pour la métropole.

Attention à la spéculation !

« Le site de l’ancien aérodrome fait 3 fois la Défense à Paris », indique Hamid Ben Elfadil, directeur du Centre régional de l’investissement de Casablanca (CRI). La référence au grand quartier des affaires parisien n’est pas innocente. En effet, pour le CRI, l’ouverture à l’urbanisation de cette nouvelle zone est un espoir pour le dénouement de la crise de l’immobilier professionnel à Casablanca. Ben Elafdil exprime toutefois des inquiétudes par rapport au projet de plan directeur retenu dont, selon lui, « la répartition proposée ne donne pas assez de place aux activités économiques ». Le directeur de l’AUDA ne commente pas ce constat puisque « la répartition spatiale n’est pas encore fixée et le plan n’est pas définitif ». Encore faut-il pouvoir le modifier…

En termes d’immobilier, de logement ou d’affaires, la question qui se pose reste la gestion postérieure du site. Une fois le projet achevé, et même avant, la spéculation immobilière ne va pas manquer de pointer le nez, ce qui peut fausser les ventes.

Pour le moment aucun organe de gestion n’est défini. La CDG pourrait bien le devenir puisqu’elle intervient déjà sur le site en temps qu’aménageur.

L’entreprise ou l’administration qui prendra ce volet en charge aura pour tâche de fixer les prix, d’organiser la vente ou la location des lots mais également de gérer la phase postacquisition. Question d’éviter encore une fois la spéculation et d’assurer la valorisation de l’immobilier ou du foncier cédés.

Qui est Reichen ?

Bernard Reichen a remporté un deuxième grand chantier du Maroc. L’aménagement de la vallée du Bouregreg d’abord et aujourd’hui le projet d’urbanisation de la zone Casa Anfa. L’architecte urbaniste est très actif en France et justifie également d’une grande expérience internationale.

Reichen est grand prix de l’urbanisme 2005 en France pour son projet relatif au Schéma et cohérence territoriale (SCOT) de Montpellier. Il a développé le concept de « l’urbanisme territorial » qui est une vision plus globale de l’urbanisme.

L’Economiste - Ichrak Moubsit

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