Comment la concurrence marocaine précipite la fermeture des centres d’appels en France

- 05h00 - France - Ecrit par : L.A

Le centre d’appels Amicio de Redon s’apprête à licencier ses 85 salariés, majoritairement des femmes. Une fermeture emblématique de la crise d’un secteur frappé par l’intelligence artificielle et une concurrence acharnée des pays off-shore, dont le Maroc.

La nouvelle a fait l’effet d’une douche froide en Ille-et-Vilaine. Rémunérées au Smic, les employées de ce spécialiste de la relation clientèle redoutent une précarité imminente sur un bassin d’emploi où le chômage culmine à 6,7 %. « On se demande ce qu’on va faire après », s’inquiète l’une d’elles auprès de France 3 Régions. Ces travailleuses, souvent des mères isolées, font directement les frais de la chute des commandes et de la compétition féroce imposée par les plateformes étrangères.

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Pour écraser les coûts, les donneurs d’ordres privilégient massivement des destinations où la main-d’œuvre est nettement moins onéreuse, à l’image du Maroc ou de Madagascar. Frédéric Madelin, syndicaliste chez Sud PTT, constate que ces entreprises « tirent sur les prix, et demandent de plus en plus de délocalisations ». Néanmoins, cette course au rabais n’épargne plus personne : les opérateurs du Maghreb subissent à leur tour « une bascule » et voient leurs propres activités fuir vers l’Afrique subsaharienne. Cette pression tarifaire, couplée à l’essor de l’intelligence artificielle, condamne aujourd’hui les sites français à multiplier les plans sociaux.