Comment le decès de leur fils a failli faire exploser un couple maroco-néerlandais

- 20h40 - Monde - Ecrit par : G.A

Ilias avait 12 ans lorsqu’il a été tué dans un accident de circulation à Utrecht aux Pays-Bas. La gestion du deuil, le chagrin et la tristesse d’avoir perdu leur fils d’une façon si brutale ont été difficiles pour Mohamed (Marocain) et Petra (Néerlandaise). Ils ont frôlé la séparation en raison de leurs différences culturelles en matière de gestion de deuil.

C’est en 2015 qu’Ilias s’est fait renverser par un bus en voulant traverser la rue. En un clin d’œil, le calme habituel de la maison de Mohamed et Petra a laissé place à d’incessantes allées et venues auxquelles Petra n’était pas habituée. Elle avait d’abord pensé que les femmes marocaines assises dans leur salon étaient des connaissances de son mari Mohamed, mais lui non plus ne savait pas qui elles étaient. « Les gens viennent tout simplement. Sans rendez-vous. Simplement par souci de compassion et pour présenter leurs condoléances », confie Petra Jongerius, âgée aujourd’hui de 57 ans.

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Les deux parents n’ont pas vécu cette tragédie de la même manière. Le couple a dû vivre son deuil dans un contexte culturellement différent et leur relation a commencé par en souffrir. « Mon mari était très en colère contre la compagnie de bus et la police. Il a entamé une bataille judiciaire à ce sujet. Il avait le sentiment que quelque chose lui avait été enlevée et que cela ne devrait pas rester impuni. Il voulait retourner au Maroc pour ne plus être confronté en permanence à la mort de notre fils. Il y allait de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps », raconte Petra à AD.

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Mohamed se rendait fréquemment au Maroc et il y restait le plus longtemps possible à chaque fois. Petra de son côté essayait de surmonter sa douleur en échangeant avec des amis, en faisant du yoga et en lisant beaucoup de livres qui parlent du deuil. « Dans les livres, je me suis reconnue et j’ai donc trouvé la reconnaissance de la tristesse. C’était une sorte de réconfort de savoir que d’autres personnes vivent la même chose. Perdre son enfant est tellement difficile ». Petra aurait voulu traverser ce moment douloureux avec son époux, mais elle a remarqué que dans la culture marocaine on parle moins de la mort et que les douleurs se vivent en silence. « Les gens se rassemblent, mais parlent peu. Moi j’avais vraiment besoin de parler d’Ilias et d’exprimer mes sentiments ». Mais Mohamed n’a pas reçu cette même éducation. « J’ai réalisé qu’être contre lui ça n’aidait pas. C’était ses émotions et j’ai su les accepter. Il était en colère contre tout et tout le monde. C’était sa façon de vivre son deuil et de s’en vouloir pour n’avoir pas su protéger notre fils de cette fin terrible ».

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En plus de tout ce qu’elle faisait pour vivre son deuil, Petra s’est rapprochée de l’écrivain Abdelkader Benali pour solliciter l’écriture d’un livre sur la façon dont on pourrait vivre son deuil dans le contexte maroco-néerlandais. Abdelkader Benali a écrit l’histoire de Petra et Mohamed dans un mélange de faits et de fiction.

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« Même si c’était assez difficile de me retrouver face à mon histoire, je suis heureuse que cela ait pu fonctionner. Ilias aurait maintenant 19 ans s’il n’avait pas été tué. C’est l’âge auquel beaucoup d’enfants quittent la maison. Pour moi, la publication du livre ressemble aussi à un moment où Ilias va découvrir le monde. Il n’est plus là, mais il vivra d’une manière différente et j’en suis très heureuse », a déclaré Petra.

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