Electricité : Marché libre dès 2008

- 00h51 - Maroc - Ecrit par : L.A

Il n’y aura plus jamais de délestage structurel au Maroc ! La déclaration de Mohamed Boutaleb, ministre de l’Energie et des Mines, est claire et sans appel. Que ce soit jeudi dernier, lors d’un point de presse à Rabat ou le lendemain, devant le patronat à Casablanca, le ministre a coupé court à « toute rumeur sur le sujet et en réponse aux interpellations des opérateurs ».

Les moyens programmés pour la période 2007/2012 totalisent une puissance additionnelle de 3.800 mégawatts pour un investissement dépassant les 47 milliards de DH, assure le ministre. Un plan d’équipement qui prend en considération la diversification des sources d’énergie : hydraulique, charbon, fioul, gaz naturel… Ce qui fait dire à Boutaleb que le Maroc a fait « un excellent choix pour son bouquet énergétique » comparativement à des pays de la région qui dépendent à 80% d’une même source d’énergie.

La sortie de Boutaleb habituellement peu prolixe, peut avoir des airs de campagne électorale. Impression que le ministre a d’emblée balayée : « Si l’énergie est effectivement liée à la réflexion politique, le secteur, lui, est managé sur du long terme. Pas de place donc aux enjeux électoraux », dira-t-il pour se défendre. Sur son silence qui suscitait tant d’interrogations, le ministre se justifie par le fait que « le secteur de l’énergie est hautement sensible et stratégique ». Il n’est pas opportun, d’après Boutaleb, de communiquer à tout va. Le ministre n’a d’ailleurs pas manqué de lancer un pied de nez à qui de droit : « Le système énergétique doit avoir un dictionnaire commun ; il ne faut pas dire n’importe quoi et tomber dans des problématiques inutiles ».

Tout va donc bien dans le meilleur des mondes ? Il faut croire que oui puisque Mohamed Boutaleb a même annoncé officiellement la libéralisation du secteur de l’électricité pour 2008. De l’avis de professionnels, il serait encore trop tôt. Le Forum des centraliens préconise même 2013. La période 2008/2012 nécessitant d’après eux la mise en place d’un certain nombre de diligences (cf. notre édition du vendredi 13). Mais comme dit le ministre : « L’apport de la société civile est très appréciable pour apporter des idées nouvelles. Les livrables constituent une bonne source, mais c’est à l’Etat de prendre la décision au final ».

Le ministre argue du démantèlement douanier avec l’Union européenne pour accélérer la restructuration du secteur. Un marché libre donc dès l’année prochaine qui coexistera avec un marché réglementé actuel. Dans cette nouvelle configuration il sera établi un distinguo entre chaque maillon de la chaîne de valeurs de l’électricité : production, transport et distribution. L’activité, comme le reste, sera contrôlée par une autorité administrative indépendante. La nouvelle Agence de régulation de l’électricité aura donc pour mission de veiller au bon fonctionnement du marché et d’arbitrer les contentieux entre les utilisateurs et les différents exploitants. L’organe devrait aussi fixer les tarifs d’utilisation du réseau de transport. L’opérateur système, ou le transporteur, monopole naturel de l’Etat, sera assuré par un établissement public.

L’Economiste - Amine Boushaba

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