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France : les écoles musulmanes en débat

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9 novembre 2019 - 13h50 - Monde

Les établissements scolaires musulmans sont au cœur d’un Colloque scientifique qui se déroule à l’Université de Nice (Alpes-Maritimes), avec pour thème, « Les établissements privés musulmans, une offre confessionnelle comme les autres ? ». Les universitaires y croisent leurs points de vue.

De la stratégie d’ascension sociale, du suivi des directives pédagogiques, des situations problématiques « minoritaires » et du financement extérieur, les participants au Colloque présentent les établissements scolaires musulmans dans tous leurs états, rapporte la Croix.

Pour Rania Hanafi, Chercheuse en Éducation, par le Bureau des Cultes du Ministère de l’intérieur, « la plupart de ces établissements sont situés dans des quartiers d’éducation prioritaire, dans un environnement de relégation, où l’établissement, plutôt que d’être une enclave communautaire, fait office de bouée pour mieux réussir à l’école ».

Analysant le sujet, Sébastien Riva, membre du Centre amiénois de Recherche en éducation et formation, a laissé entendre que les parents veulent avant tout que leurs enfants réussissent, qu’ils aient un métier, fassent des études universitaires et obtiennent un meilleur statut social qu’eux.

« Les parents recherchent certes une instruction intellectuelle. Mais, au-delà, ils souhaitent une instruction beaucoup plus large : une éducation sociale, éthique et spirituelle », a-t-il indiqué.

Pour sa part, Mayuko Yamamoto, Chercheuse à l’École des Hautes études en sciences sociales (EHESS), explique : « On retrouve également une forte volonté de transmission culturelle, [car] l’objectif c’est de former de bons citoyens franco-musulmans ».

Seulement, il n’est « pas question d’un programme scolaire abracadabrantesque », avertit Jean-François Bruneaud, Doctorant en Sciences de l’éducation et Co-organisateur du Colloque.

Par ailleurs, la question du financement de ces établissements pose problème. « On sait très bien, par exemple, que l’Algérie, le Maroc, la Tunisie financent certaines structures et ont un droit de regard », explique Sébastien Vida.

Néanmoins, celui-ci estime que « si l’État se substituait à ces interventions étrangères et comblait ce manque, le problème serait réglé ».

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