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Le Maroc épinglé dans le rapport 2020 de Human Rights Watch

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18 janvier 2020 - 23h00 - Maroc

L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a publié le mardi 14 janvier, le rapport 2020 sur les droits humains. Une version abrégée en français est disponible en ligne, et touche du doigt diverses violations des libertés individuelles dans bon nombre de pays, dont le Maroc.

Le Maroc se trouve sur la liste des pays épinglés par le rapport 2020 de HRW à cause des «  lois répressives  » qui continuent d’être appliquées, sans tenir compte de la valeur des «  libertés individuelles ». Il y a aussi l’arrestation et l’incarcération de plusieurs militants des droits de l’homme et autres activistes.

HRW pointe du doigt la confirmation, par la Cour d’appel de Casablanca, le 6 avril 2019, du verdict prononcé en première instance pour les leaders du Hirak sur la base de «  déclarations qu’ils affirment avoir faites sous la torture, dans des locaux de police  ». Elle évoque également «  la vague de répression policière en mai 2017  », ayant conduit à «  l’arrestation de plus de 450 activistes, dont une cinquantaine de leaders  », suite au mouvement social organisé dans le Rif, et qui avait conduit à plusieurs grandes manifestations pacifiques dont le but est l’amélioration des conditions socioéconomiques, rapporte Telquel.

Entre autres violations qui font du Maroc un mauvais élève en matière de respect des droits humains, il y a les atteintes à la liberté d’expression comme les poursuites judiciaires enclenchées pour avortement contre Hajar Raissouni, son fiancé, son médecin, un assistant médical et une secrétaire médicale, qui avaient capté toutes les attentions tant au niveau national qu’international avant qu’une grâce ne soit prononcée par le roi Mohammed VI.

En ce qui concerne les femmes, HRW souligne que « Le Code de la famille contient des dispositions discriminatoires à l’égard des femmes, en matière de succession et de procédures de divorce  ». Le rapport souligne le manque d’efforts dans la mise en application de la loi contre les violences faites aux femmes, et le fait que la loi soit restée muette «  sur les obligations de la police, des procureurs et des juges d’instruction dans les affaires de violence conjugale  ».

HRW rappelle également qu’en dehors des couloirs de la prostitution, 7 721 adultes avaient été poursuivis en 2018 au Maroc pour relations sexuelles hors mariage. Parmi eux, 3 048 ont été poursuivis pour adultère, 170 pour homosexualité, et tous les autres pour relations sexuelles entre personnes non mariées.

Mais tout n’est pas noir. Le rapport souligne des avancées notables qui permettent d’espérer en des lendemains meilleurs. HRW précise qu’en juin 2019, le ministère des Affaires étrangères avait délivré des cartes de réfugiés, des permis de résidence spéciaux ainsi que des permis de travail à 803 personnes, d’origine subsaharienne pour la plupart, reconnues comme réfugiées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

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