Effet Mixta : L’immobilier marocain aux mains des étrangers ?

- 00h24 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le territoire marocain, en plein chantier, représente une opportunité en or d’investissement dans le secteur immobilier. Et pour cause, la politique de mise à niveau des différentes infrastructures du pays au niveau économique, touristique, urbanistique… a engendré une démarche de « relooking » de nos villes.

C’est le cas notamment de Tanger et Tétouan qui représentent aujourd’hui de véritables chantiers à ciel ouvert : 200 000 logements, habitats économiques, résidences moyen et haut standing, infrastructures hôtelières, locaux commerciaux, plateaux bureaux… tous les créneaux sont bons à investir pour les promoteurs nationaux (Addoha, Chaabi Liliskane…) mais aussi étrangers (Fadesa, Urbas (Urbatra), Renta Corporation (Mixta Africa)…) les poussant ainsi à mener une compétition sans relâche.

Le groupe Mixta Africa, à travers sa filiale Mixta Maroc a ouvert ses chantiers au Maroc avec la ville du détroit et la Colombe Blanche.

Au-delà, il ambitionne de conquérir le Royaume et le continent africain avec comme principal leitmotiv « la construction de logements dignes et sûrs », principe qui ferait d’ailleurs défaut dans certains logements sociaux construits ici et là. Que ce soit à Tanger ou à Tétouan, Mixta ne passe pas inaperçu. Aux abords des grands axes, sur les grandes avenues, les panneaux publicitaires grand format montrent des pseudo propriétaires arborant une mine réjouie, entourés des résidences flambant neuves, de verdure et autres palmiers. Un plan marketing étudié et qui invite tout un chacun à venir « visiter l’appartement témoin », « à la porte de Martil », « à 5 minutes du centre-ville de Tanger »… voilà ce que propose la société de Barcelone.

Les projets sont déjà bien avancés… A Tanger, le projet baptisé « Anas » est déjà achevé avec 508 logements sur 2 ou 4 étages, 16 locaux commerciaux sur une superficie de 28 880 m2 qui attendent les nouveaux occupants. A Martil, où a élu domicile le projet « Safia » (nom choisi par souci de parité sûrement), c’est un véritable quartier composé de 4267 logements qui devrait émerger du chantier d’ici l’été prochain.

Vu l’essoufflement et le tarissement de l’assiette foncière sur la Péninsule Ibérique, les promoteurs immobiliers de nos voisins du Nord voient dans le Royaume une opportunité d’investissement inespéré avec des conditions appréciables : la proximité géographique, la main d’œuvre bon marché, un secteur d’investissement en plein essor. Des ingrédients pour investir… mais ce phénomène crée insidieusement une bataille coriace avec nos investisseurs publics ou privés qui, se retrouvent parfois dans l’incapacité de concurrencer l’autre camp. Qu’on l’appelle flambée des prix, guerre des prix, force est de constater que cet état de fait entraîne une inflation dans le domaine du foncier et de par la même, du coût de l’immobilier. Car les prix augmentent d’une manière vertigineuse vu la spéculation illégale qu’occasionne la présence étrangère sur ce créneau. Un terrain qui valait 150 Dhs le m2 il y a un an, se vend aujourd’hui à 750 Dhs le m2 ! « Jamais on a vu autant d’Espagnols, d’Anglais et même de Finlandais s’intéresser à la région Nord » nous confiera ce grand promoteur immobilier de la Région…

Une question se pose à nous tout de même…. Que des investisseurs étrangers s’intéressent de plus en plus à notre pays est une chose, mais que cela entraîne une augmentation dans le coût de l’accession à la propriété pour nos compatriotes en est une autre. Alors, l’Etat a-t-il réellement prévu de mettre en place un système de contrôle des ventes-achats des terrains ?

Libération - Amel Nejjari

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