Infrastructures, c’est vraiment la rupture

- 22h44 - Maroc - Ecrit par : L.A

Retenez bien ce chiffre : 10,9 milliards d’euros, soit 128 milliards de dirhams. C’est l’équivalent d’un quart du PIB qui sera investi dans les infrastructures sur la période 2008-2012. Par son ampleur, ce plan est de loin la plus importante opération d’aménagement du territoire jamais lancée dans le Royaume. Routes, autoroutes, ports (TangerMed II), aéroports et chemin de fer dont le TGV, la liste de chantiers titanesques qui devront être lancés et, pour certains, concrétisés d’ici à la fin de la législature, est impressionnante. L’économie générale de ces chantiers peut se résumer en une phrase : intégrer le Maroc dans la globalisation.

Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et « VRP » et maître d’œuvre de cette politique, emploie, à juste titre, le terme « rupture ». C’est vrai que physiquement, une fois achevés, ces travaux changeront le visage du Royaume.

Outre les infrastructures portuaires (TangerMed II est annoncé pour un investissement de près de 18 milliards de dirhams), l’accent est focalisé sur le réseau autoroutier pour lequel seront investis 30 milliards de dirhams d’ici à 2015 avec l’objectif de doubler les réalisations annuelles.
En pole position également, le chemin de fer dont le programme du TGV est le pilier majeur. La ligne Tanger-Casablanca, dont les travaux vont démarrer en 2009, selon les prévisions des équipes de l’Equipement, lancera l’ambitieux programme des lignes à grande vitesse de 1500 km à l’horizon 2035. Pour le montage financier, il reste à l’ONCF de trouver un substitut à la manne financière que lui versait l’OCP au cas où le numéro un mondial du phosphate lui faisait l’infidélité dans le fret comme cela semble se dessiner. En principe, rien n’oblige l’OCP à continuer à surpayer le transport de sa production à l’ONCF. De ce point de vue, il faudra surveiller les arbitrages forcément politiques qui seront rendus sur ce dossier dans les prochaines semaines.

Selon les prévisions du ministère de l’Equipement, dès cette année, les liaisons ferroviaires reliant Taourirt à Nador et Tanger à TangerMed seront achevées (cette dernière a été inaugurée en avril dernier).

Sur le plan économique, plus d’infrastructures de communication et de transport signifie réduction des coûts de transaction et amélioration de la compétitivité et de l’attractivité du pays auprès des investisseurs. Et si, en parallèle, les axes du schéma directeur des plateformes logistiques se concrétisent, les gains en coûts logistiques qui en découleront seront un formidable levier de compétitivité pour les entreprises. S’en suivra aussi un chamboulement de la mobilité dont l’effet sur la croissance et l’emploi n’est plus à démontrer. Selon les experts, l’abaissement du seuil psychologique de la notion de distance est un facteur qui impactera forcément la dynamique du marché de l’emploi. Ce plus n’est pas encore visible à Tanger où les entreprises
doivent parfois surenchérir pour attirer des cadres dans la région.

Pour les entreprises et les prestataires qui gravitent autour du BTP, le coup d’accélérateur aux infrastructures offre de la visibilité pour au moins une dizaine d’années, voire plus. Mais cette « sécurité » économique est aussi un challenge à relever pour les PME du secteur. Pour profiter au maximum de cette météo favorable, il faudra qu’elles franchissent d’un seul coup plusieurs paliers en termes d’organisation, de ressources et d’agilité. Ce n’est pas acquis.

Déjà aujourd’hui, peu d’entreprises arrivent à honorer les délais de réalisation des chantiers, à cause de carnets de commandes qui débordent et du manque d’anticipation de la croissance de la charge d’activité. La fièvre immobilière et l’investissement touristique alimentent aussi la demande. C’est donc à la capacité de digestion de ces programmes que se jugera la propension des PME de BTP à « jouer en première division » et à se hisser dans la catégorie des « champions ». La Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP) s’est battue pendant des années pour faire émerger quelques grands opérateurs nationaux dans le secteur.

Les banques d’affaires internationales ne s’y sont pas trompées. Pour elles, le Maghreb et la région Mena, en général, sont de « nouveaux eldorados » pour les groupes cimentiers.

Pour réaliser tous ces programmes, il est vrai, il faudra des dizaines, voire des centaines de millions de tonnes de ciment et de produits dérivés. Rien d’étonnant que les filiales marocaines des cimentiers mondiaux soient sous pression et redimensionnent leur capacité en investissant dans de nouvelles unités. Avant même que ces chantiers n’atteignent la vitesse de croisière, les unités de production ont du mal à suivre la cadence de la demande au point d’en arriver au système de quotas. De la réponse à la capacité d’approvisionner le marché dépendra aussi le respect de l’échéancier et, par ricochet, la maîtrise des coûts de ces programmes.

Si les infrastructures de communication sont les plus spectaculaires, elles ne sont pas exclusives. Au côté de cette locomotive, plusieurs grands programmes vont contribuer au remodelage du visage du Maroc de demain et servir de support à son intégration dans la globalisation. Le port de TangerMed à peine mis en service qu’un second est annoncé (TangerMed II). Le gigantesque chantier du Bouregreg et les infrastructures annexes donneront à Rabat-Salé une dimension supplémentaire. Sans ce programme, le projet de Tramway n’aurait pas vu le jour aussi vite, ni d’ailleurs celui de Casablanca dont le Conseil a été contraint d’accélérer la cadence sans lever l’hypothèque pesant sur le financement.

Une pléiade de marchés (en millions d’euros)

• Autoroutes : 2818
• 630 km de voies express : 182
• Rocade méditerranéenne : 218
• Routes rurales (1.500 à 2.000 km par an) : 727
• Maintenance routière : 727
• TGV : 1.818
• Gares et réseau ferroviaire : 1.909
• TangerMed II : 1.636
• Maintenance et autres projets portuaires : 300
• Aéroports : 527

Source : L’Economiste - Abashi Shamamba

  • Infrastructures : Où iront les 120 milliards de DH ?

    C'est un ambitieux programme d'équipement en infrastructures que s'apprête de lancer le ministère de l'Equipement et du Transport, avec un budget tout aussi colossal qui lui sera dédié durant le quinquennat prochain : 120 milliards de DH, soit plus du double du montant consenti lors des 5 dernières années et « qui représentait déjà un saut qualitatif et quantitatif en rupture totale avec le passé », insiste Karim Ghellab, ministre de l'Equipement et du Transport.

  • 383 km d'autoroutes en plus avant 2015

    La nouvelle stratégie dévoilée par le ministère de l'Equipement et du Transport annonce un programme autoroutier de 383,5 km entre 2008 et 2012. Le réseau actuel des autoroutes est de 856 km, il sera porté en 2010 à 1420 km avec l'ouverture de Marrakech-Agadir (233 km) et Fès-Oujda (323 km). A fin 2015, le Maroc disposera de 1803,5 km d'autoroutes qui relieront le Nord et le Sud en passant par le Centre, selon les prévisions du ministère. Près de 1,167 milliard de dirhams seront investis pour le nouveau programme.

  • L'autoroute Agadir-Marrakech fin prête pour 2010

    Le ministre de l'Equipement et du Transport, Karim Ghellab, a visité le chantier de l'autoroute Marrakech-Agadir le 26 mai. Un projet de 8 milliards de dirhams constituant le dernier maillon de la liaison nord-sud définie par le schéma d'armature autoroutier national.

  • Croissance : 2008, année de consolidation

    « L'année 2008 se présente comme une année de consolidation des acquis ». C'est en ces termes que le ministère des Finances et de la Privatisation qualifie les tendances lourdes de l'économie en cette année. Une conclusion qui tombe à point nommé surtout après l'appel lancé par le gouverneur de Bank Al-Maghrib à « la capitalisation des progrès » et à une vigilance quant aux effets néfastes de « la triple crise mondiale : financière, énergétique et alimentaire ».

  • 120 milliards de Dh pour les transports entre 2008 et 2012

    Le gouvernement envisage de réaliser, durant la période 2008-2012, un programme d'infrastructures de transport de 120 milliards de dirhams, a déclaré Karim Ghellab. Ces investissements portent sur plusieurs projets et programmes d'envergure, tels le complexe portuaire Tanger-Med, la modernisation et l'extension du réseau ferré classique et le lancement de la réalisation de la première ligne du TGV entre Tanger et Casablanca.

  • 111 milliards de DH pour les grands chantiers d'infrastructures

    111 milliards de DH ! Le chiffre est impressionnant. Surtout quand on pense qu'il ne s'agit ici que d'investissements provenant de l'Etat ou encore de la coopération internationale. En effet, le Fonds arabe de développement économique et social (Fades), le Fonds de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opec) pour le développement international, le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe, la Banque africaine de développement, la Banque européenne d'investissement et la Banque islamique de développement ont aussi grandement contribué à la mise en œuvre de tous ces chantiers.

  • Les aéroports à l'épreuve de l'open sky

    L'accord d'open sky entre le Maroc et l'Union européenne a engendré un développement rapide de l'offre de vols, une détente des tarifs et, automatiquement, une hausse du trafic passagers. Dans ce contexte, l'urgence de relever les standards et les capacités de plateformes aéroportuaires s'imposait naturellement afin de faire face à la croissance du trafic touristique.

  • Tanger Med, le rêve devenu réalité

    Si son premier quai est opérationnel depuis un an, les travaux sur les autres composantes du complexe portuaire Tanger Med se poursuivent encore. Tour d'horizon et bilan d'étape d'un projet pharaonique.

  • L'ONDA a investi plus de 2 milliards de dirhams en 2007

    L'Office national des aéroports (ONDA) poursuit la réalisation de son programme d'investissement qui vise, selon les responsables de l'Office, à accompagner l'essor du secteur touristique et la mise en œuvre de la politique de libéralisation du transport aérien.

  • 2 milliards de dollars pour l'extension du réseau autoroutier marocain

    Un budget de 2 milliards de dollars a été alloué à l'extension du réseau autoroutier marocain jusqu'à 2015.