Jeffrey Epstein : des millions transférés pour un palais au Maroc juste avant son arrestation
Selon des documents du département de la Justice, la firme Charles Schwab a transféré 27,7 millions de dollars pour Jeffrey Epstein vers le Maroc en 2019. Ces fonds visaient l’achat d’un palais à Marrakech quelques jours avant l’incarcération du financier.
Les dossiers judiciaires américains révèlent que la société de courtage a géré ces mouvements de capitaux alors qu’Epstein faisait déjà l’objet d’une surveillance publique accrue, révèle Reuters. En avril 2019, Schwab a ouvert trois comptes pour les entités du financier, dont Southern Trust, structure dédiée à l’acquisition du domaine « Bin Ennakhil ». Cette propriété d’exception, s’étendant sur 4,6 hectares et parée de marbre et d’or, faisait l’objet de négociations intermittentes depuis 2011.
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Le mécanisme de transfert utilisé interroge sur la gestion des risques de l’institution. Fin juin 2019, un premier virement de 12,7 millions de dollars a été envoyé puis annulé. Schwab a ensuite honoré une seconde demande de 14,95 millions de dollars, signée par Epstein lui-même, alors que le compte ne disposait pas encore des fonds suffisants en raison du délai de retour du premier versement.
Face à ces révélations, Schwab a affirmé avoir alerté le réseau de lutte contre les crimes financiers (FinCEN) peu après l’arrestation d’Epstein. La firme précise avoir décidé de clore ses comptes dans un délai de 60 jours après une enquête interne. « Nous avons également transmis l’affaire aux forces de l’ordre fédérales », a déclaré la société, tout en invoquant le secret bancaire pour ne pas commenter les détails des transactions.
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L’agent immobilier à Marrakech, Marc Leon, a pour sa part défendu la légalité de l’opération, soulignant que « rien n’empêchait » Epstein d’acheter une propriété après avoir purgé sa peine de 2008. Ces détails financiers font désormais l’objet d’un examen minutieux par le Congrès américain, alors que le comptable du financier est sommé de s’expliquer sur la gestion de cet empire opaque. Le palais « Bin Ennakhil » a, depuis, été cédé à un autre acquéreur.
