Mamoun Bouhadhoud, ministre interdit de parole !

- 20h28 - Maroc - Ecrit par : Jalil Laamoudi

Mamoun Bouhadhoud, 30 ans, ministre chargé des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel dans la version II du gouvernement Benkirane, serait interdit de parole. Le ministre parachuté, timide et discret ne parle que trop peu, tout simplement parce qu’il n’aurait rien à dire.

Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane l’aurait tout simplement interdit de parole pour éviter tout problème ou commentaire désobligeant émanant de ses adversaires.

A chaque fois que Mamoun Bouhadhoud doit prendre la parole, que ce soit au conseil du gouvernement, devant l’opinion publique ou les députés, Benkirane le remplace toujours par un de ses ministres. Même son patron directe, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du Commerce évite d’envoyer en mission son ministre délégué, de peur d’être mal représenté.

Mais ce qui embarrasserait encore plus Mezouar et Benkirane, rapporte Akhbar Al Yaoum, serait le fait que le décret déterminant les responsabilités du jeune ministre, n’ait pas encore été promulgué et ne le sera peut-être jamais. Tout ce qui est demandé à Bouhadhoud aujourd’hui, est d’"apprendre les principes du métier et de se taire".

Inconnu du bataillon, Mamoun Bouhadhoud parachuté à la dernière minute, ne s’est jamais présenté à des élections, ou participé à une campagne électorale du Parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI), dont il porte pourtant les couleurs.

Sa nomination à ce poste, il la doit à son oncle Mohamed Bouhadhoud, trésorier et l’un des piliers du RNI dans la région du Souss, qui voulait à l’origine placer sa fille Amina Bouhadhoud, députée du RNI dans la version II du gouvernement Benkirane, mais comme elle n’avait pas le niveau académique requis, Salahdine Mezouar aurait décliné la proposition, pour ne pas s’attirer les foudres de ses adversaires politiques, écrit Akhbar Al Yaoum.

A l’origine, une rivalité familiale

A l’origine de cette nomination, c’est une rivalité historique entre deux des plus grandes familles du Souss. La première est la famille Kayouh, affiliée au Parti de l’Istiqlal, dont le fils Abdessamad a occupé le poste de ministre de l’Artisanat dans la première version du gouvernement Benkirane.

Cette rivalité politique d’apparence, est économique en réalité, mais aussi tribale, puisque les familles Bouhadhoud et Kayouh, sont toutes deux dans le domaine agricole dans le Souss, où elles sont parmi les plus gros propriétaires terriens de cette région.

Mamoun Bouhadhoud aurait été placé à la dernière minute au Conseil national du RNI, dont il n’a jamais fait partie, avant d’être parachuté dans la version II du gouvernement Benkirane, pour s’y initier à l’exercice du pouvoir. En quelque sorte, le jeune homme est en "stage de formation", plaisantent plusieurs observateurs.

Officiellement, "le ministre en herbe" a décroché son diplôme de l’Ecole polytechnique de Paris en 2007, et de l’Ecole Nationale supérieure des Mines en 2008, en France, avant d’intégrer Morgan-Stanley, à Londres, où il a occupé le poste de responsable de l’équipe trading.

Son père pharmacien et riche agriculteur à Agadir, est aussi membre du Conseil d’administration des Domaines royaux. Mamoun s’est marié en 2012.

  • Mamoun Bouhadhoud

    Mamoun Bouhadhoud était ministre délégué auprès du ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'investissement et de l'économie numérique, chargé des petites entreprises et de l'intégration du secteur informel au Maroc, de octobre 2013 à avril 2017.

  • Liste officielle du gouvernement Benkirane II

    La version II de l'exécutif Benkirane a été finalement dévoilée ce jeudi, mettant fin à une crise gouvernementale qui aura duré près de trois mois. Le gouvernement est composé de 39 ministres, dont six femmes. La cérémonie de nomination du nouveau gouvernement a été présidé jeudi par le Roi Mohammed VI à Rabat.

  • Salaheddine Mezouar, nouveau ministre marocain des Affaires étrangères ?

    Salaheddine Mezouar, secrétaire général du Parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI), aurait réussi à arracher le poste de ministre des Affaires étrangères au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, après d'âpres négociations.

  • Moulay Hafid Elalamy ministre marocain de l'Industrie et du Commerce

    Moulay Hafid Elalamy, ancien président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), serait pressenti pour succéder dans la version II du gouvernement Benkirane, à Abdelkader Amara, actuel ministre marocain de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologie.

  • Salaheddine Mezouar futur président du Parlement ?

    Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères de la version II du gouvernement Benkirane, serait le prochain président du Parlement à partir de la session d'avril 2014.

  • La mystérieuse facture de 33.735 dh de chocolat du ministre Abdelâdim El Guerrouj

    Abdelâdim El Guerrouj, ancien ministre de la Fonction Publique, se serait empressé de payer une facture de 33.735 DH de chocolat et de gâteaux achetés chez la pâtisserie "Le Nôtre", à Rabat, en octobre dernier, dès qu'il a su qu'il allait quitter son poste.

  • Harcèlement sexuel, le gouvernement Benkirane veut-il enterrer le projet de loi ?

    Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a émis certaines réserves jeudi concernant le projet de loi contre les violences faites aux femmes, présenté récemment par Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité et de la Femme. "Si le texte n'est pas enterré, il sera profondément retouché...", affirme une source du gouvernement ayant requis l'anonymat à Bladi.net.

  • Aïd Al Adha : le palais royal offre des moutons au gouvernement Benkirane

    Le palais royal s'apprêterait à offrir à l'intégralité du gouvernement Benkirane, des moutons à l'occasion de l'Aïd Al Adha. Même les ministres de la version I du gouvernement islamiste recevront des moutons pour la fête du sacrifice.

  • Gouvernement Benkirane II, une catastrophe ?

    La version II de l'exécutif Benkirane a surpris plusieurs observateurs de la scène politique au Maroc. L'entrée au gouvernement de puissants technocrates fraîchement repeints aux couleurs du Parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI), aurait notamment pour objectif de minimiser le caractère politique du gouvernement Benkirane.

  • La colère de Mohammed VI précipite un remaniement du gouvernement Benkirane

    Plusieurs membres du gouvernement Benkirane seraient sur la sellette. Le remaniement précipité par la dernière colère royale envers les ministres Mohamed Hassad et Moulay Hafid Elalamy, en raison du fiasco du plan Rawaj, devrait se faire avant la prochaine tournée du roi Mohammed VI en Afrique.