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Mannequins marocains, le nouveau business

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24 juillet 2007 - 02h58 - Maroc - Par: Bladi.net

Etre mannequin au Maroc que cela signifiait-il ? Une jolie fille, grande et mince cherchant à se placer à travers les différents magazines ou défilés de mode. Souvent seule, munie d’un book, elle parcourait rédactions et offices dans l’espoir d’obtenir une séance photo, un shooting et par la même se faire connaître. Quelques unes y sont parvenues.

Le mannequinat, parce qu’à lui seul ne suffisait pas, obligeait les personnes qui l’exerçaient à pratiquer un autre métier. Amina El Allam a 21 ans, mesure 1, 83 pour 60 kg et a commencé à faire des séances photos à 15 ans. Elle a été pendant longtemps une des marocaines les plus côtées. Son dernier défilé, pour Albert Ouaknine au carrousel du Louvre à Paris avec un drapeau marocain en guise de vêtement fit sensation. Aujourd’hui, elle fait des études de décoration d’intérieurs en parallèle et déclare vouloir continuer le mannequinat « pour s’éclater, pas pour l’argent ». Il est vrai que sa carrière aurait pu prendre un autre tournant. Avec l’accord de sa famille, elle eut pendant une période un contrat avec First Models, une agence parisienne et décrocha alors un défilé pour l’Oréal et un setting pour Christian Dior au Liban. Mais voilà, le mal du pays étant plus fort, elle préféra retourner au Maroc et démarrer une nouvelle vie.

Contrairement aux autres pays, les séances photos constituent au Maroc, vu la prolifération des magazines, la rentrée d’argent la plus constante, entre 2000 et 2500 dhs par jour. Les défilés de mode quant à eux sont rémunérés entre 3000 et 6000 dhs. Ces montants montrent donc l’étroitesse du métier, sachant que les contrats publicitaires avec des marques marocaines sont quasi inexistants.

C’est dans ce contexte qu’il y a 10 mois Salima Ziani et Grégory Arlot ont crée S&G Models, une agence marocaine de mannequinat. Pratiquant des critères internationaux, ils ont comme objectif de découvrir « des new faces ». Des beautés méditerranéennes, qui pourraient continuer leur carrière en France, en Espagne et en Italie. Ici, dit Salima Ziani, « nous cherchons des jeunes filles de 15, 16 ans et des garçons d’une vingtaine d’années. Nous les repérons par scouting, c’est-à-dire dans la rue. A présent, nous avons 5 nouveaux mannequins à qui nous apprenons le métier. Si leurs books sont satisfaisants, le Maroc n’aura été pour eux qu’un tremplin. Nous travaillons avec des agences comme Angel’s, et Métro à Paris, Happy Monday’s et le Groupe Models à Barcelone et Madrid, qui pourront les recruter. Comme certaines de nos filles sont encore mineures, nous établissons d’abord un contrat parental et exigeons d’elles qu’elles aient des mensurations internationales. L’idée étant de tisser une relation de confiance entre le mannequin, les parents et l’agence ». Ces nouveaux rapports montrant ainsi une évolution des mentalités.

Hind Sahli a 16 ans, et mesure 1,78. Ses mensurations 86-62-91 la hissent au rang des marocaines les mieux dimensionnées. Lamia Alaoui, 18 ans et Zouhar Tisse 22 ans sont aussi des découvertes. Zouhar va être envoyé à Milan et pourra défiler pour les collections prêt-à-porter en octobre prochain. Souvent, un travail de relooking est effectué. On leur apprend à défiler, prendre des poses, capter la lumière, etc. Les grilles tarifaires pratiquées sont celles de l’Union française des agences de mannequins dans lesquelles celles-ci s’octroient 20% pour chaque contrat signé. Mais c’est au niveau de la structuration des droits, ajoute Salima Ziani que nous avons le plus de difficultés. « Il nous faut constamment surveiller les reconductions tacites de droits, les durées d’utilisation. Au Maroc, il n’y a pas encore cette culture. C’est pour çà en plus de notre travail de démarchage publicitaire, nous nous attelons à faire signer à nos partenaires des contrats très précis ». Pour cette ancienne responsable de l’agence Angel’s, le pari pend route, puisque dés cette première année huit personnes ont déjà été engagées et l’agence a engrangé des bénéfices.

La Nouvelle Tribune - Fatim-Zahra Tahiri

Mots clés: Liberté d’expression , Mode , Femme marocaine

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