Maroc : les chauffeurs de taxi sous le diktat des propriétaires

17 janvier 2023 - 15h20 - Maroc - Ecrit par : S.A

Malgré l’aide spéciale du gouvernement pour alléger les répercussions issues de l’inflation des prix du carburant, des propriétaires imposent aux chauffeurs de taxi le partage des frais du carburant et n’hésitent pas à virer ceux qui s’y opposent.

« On ne bénéficie pas vraiment de l’aide du gouvernement. Il y a un mois, j’ai dû carrément quitter mon travail en tant que conducteur de taxis parce que le propriétaire a imposé à ce qu’on contribue tous les deux pour payer le plein de diesel pour son taxi », a confié à Hespress un chauffeur de petit taxi à Salé. Selon ses explications, ce propriétaire avec qui il a travaillé depuis plusieurs années lui a bien annoncé, lors de la distribution des premiers virements qu’il a reçus le montant alloué par le gouvernement, mais il a tout de même insisté à ce qu’il paye avec lui la moitié des frais de carburant.

À lire : Marrakech frappe fort contre les chauffeurs de taxi malhonnêtes

« Une fois que le propriétaire a commencé à me demander, en plus de sa part, de payer 50 % des frais du carburant, j’ai immédiatement quitté et cherché une autre personne avec qui je pourrais travailler sans me soucier des frais que je ne suis pas supposé déposer », a-t-il ajouté. Le problème est bien réel. « Plusieurs conducteurs rencontrent le même problème. C’est comme si les propriétaires ne savent pas qu’on est déjà dans une situation plus que délicate qu’on arrive à peine à gérer », a confirmé un autre chauffeur de taxi.

À lire : Les chauffeurs de taxi de Melilla « agacés » par le Maroc

Le président l’union syndicale des routiers affiliés à l’Union marocaine du Travail (UMT) apporte, lui, un éclairage. « Le problème est là, mais il n’émane pas des propriétaires des agréments qui ne sont pas les bénéficiaires directes du soutien, puisque la majorité d’entre eux, environ 90 %, ont des contrats avec les utilisateurs ou propriétaires des taxis ». Selon lui, ce qui justifie le fait que ce sont les propriétaires des taxis qui reçoivent l’allocation est que les véhicules sont enregistrés à leurs noms.

À lire : Aides aux transporteurs : le gouvernement inclue les chauffeurs des taxis

Il admet par ailleurs qu’en général il y a certains propriétaires qui n’ont pas donné le montant de soutien aux conducteurs engagés qui le méritent réellement. « Dans certains cas, les propriétaires exigent aux conducteurs de se taire après qu’ils ont exprimé leur mécontentement les menaçant de les virer au cas contraire. Quelques chauffeurs ont carrément déposé des plaintes contre ces propriétaires, mais qui ont finalement été virés aussi. »

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Prix - Carburant - Conseil de gouvernement

Aller plus loin

Agréments : les chauffeurs de taxi marocains se rebellent

Au Maroc, les professionnels du secteur des taxis sont en colère contre les détenteurs des agréments qui exigent une augmentation de la « prime » en échange de l’autorisation...

Marrakech fait la guerre aux chauffeurs de taxi arnaqueurs

Suite à des plaintes liées à la hausse des prix pratiqués par certains chauffeurs de taxi à Marrakech, les autorités viennent de lancer une campagne de contrôle. Des sanctions...

A l’aéroport de Marrakech, le taxi sera plus cher !

La province de Marrakech vient de prendre une mesure administrative, augmentant les tarifs des taxis pour les trajets de et vers l’aéroport international Marrakech-Menara. Cette...

Marrakech frappe fort contre les chauffeurs de taxi malhonnêtes

Marrakech est en croisade contre les mauvaises pratiques des chauffeurs de taxi qui ne respectent pas la tarification en vigueur. En tout, près d’une cinquantaine de licences...

Ces articles devraient vous intéresser :

Restrictions d’eau : voici ce qui attend les Marocains

Face à une crise hydrique majeure imminente, le gouvernement d’Aziz Akhannouch a pris des mesures strictes pour lutter efficacement contre la pénurie d’eau.

Maroc : une bonne nouvelle pour les salariés ?

Le dialogue social entre le gouvernement, le patronat et les syndicats va se tenir en septembre. Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) va-t-il augmenter de 5 % dès le 1ᵉʳ septembre, conformément à l’accord signé le 30 avril 2022 ?

Maroc : allègement des mesures fiscales pour 2023

Le gouvernement marocain a décidé d’alléger une série de mesures fiscales consignées dans le projet de loi de finances 2023 qui fera l’objet d’examen et de vote à la Chambre des conseillers dès ce lundi 5 décembre 2022.

Maroc : appel pressant des exportateurs de légumes

Les associations de producteurs et exportateurs de fruits et légumes appellent le gouvernement d’Aziz Akhannounch à autoriser la reprise des exportations.

Le Maroc pourrait taxer les superprofits des distributeurs pétroliers

Sur recommandation du Conseil de la concurrence, le gouvernement envisage d’inclure dans le projet de loi de finances 2023, l’instauration d’une taxe exceptionnelle sur les superprofits des distributeurs pétroliers.

Le Maroc met fin à l’état d’urgence sanitaire

Le gouvernement marocain a décidé de mettre fin à l’état d’urgence sanitaire en vigueur depuis l’apparition des premiers cas de contamination au coronavirus.

Maroc : où en est l’aide au logement ?

Des discussions sont en cours entre les parties prenantes pour finaliser le décret relatif à l’aide directe au logement en vue de sa présentation au Conseil de gouvernement dans les prochains jours.

Port d’armes : le Maroc durcit son arsenal juridique

Le gouvernement fait du contrôle des armes à feu une priorité. Dans ce sens, il a adopté un projet de loi pour répondre aux défis actuels et aux mutations sociales et technologiques. Ce projet est déjà sur la table du Parlement.

Nabyl Lakhdar n’est plus directeur de l’administration de la douane

Le gouvernement a annoncé la nomination de Nabyl Lakhdar, ancien directeur général de l’administration de la Douane, au poste de Secrétariat général du ministère de l’Économie et des Finances.

Maroc : l’état d’urgence sanitaire sera-t-il à nouveau prorogé ?

Au menu du prochain Conseil de gouvernement qui se tiendra jeudi sous la présidence du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, plusieurs sujets seront abordés dont l’examen du projet de décret relatif à la prorogation de la durée de l’état d’urgence...