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Maroc : la presse écrite à l’agonie

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29 mars 2020 - 13h00 - Economie

La presse écrite est frappée de plein fouet par la pandémie de COVID-19. En cause, la décision du ministère de la Culture relative à la suspension de la publication et de la distribution des supports papier.

"Cette décision est évidemment un coup dur pour l’ensemble des éditeurs. Le secteur de la presse écrite était déjà sinistré, mais il va être complètement anéanti si la pandémie perdure. […] Aujourd’hui, nous tenons à continuer à informer nos lecteurs. Les deux supports sont diffusés sur nos plateformes digitales. Mais Internet, ce n’est pas viable pour nous à la longue…", s’inquiète Abdelmounaïm Dilami, patron du groupe Eco-Médias (L’Économiste, Assabah et Atlantic Radio).

Tous les patrons de presse expriment les mêmes inquiétudes. "[…] Près du tiers de nos 330 employés sont aujourd’hui en arrêt de congé. […] Nous avons de quoi tenir quelques semaines. En revanche, nous n’avons pas de visibilité et risquons de nous retrouver, à un moment ou à un autre, avec un souci de trésorerie", confie à TelQuel Mohamed Haïtami, PDG du groupe Le Matin.

Même Sochepress-Sapress, considéré comme le leader du secteur, n’est pas épargné par cette crise. "On reste solidaires avec les efforts des autorités pour lutter contre la pandémie ; mais pour nous, c’est une catastrophe économique", déclare Amine Bencherki, directeur général de Sochepress-Sapress.

Pour juguler cette crise, Abdelmounaïm Dilami indique la voie. "L’aide directe est la seule manière de sauver la presse papier. Mais pour l’instant, aucun contact n’a été pris avec les autorités, estime le patron du groupe Eco-Médias. Je pense que ce n’est pas le moment de monter au créneau ; notre pays est pratiquement en guerre contre la pandémie". Sauf que Hassan Abyaba, ministre de la Culture, n’a fait aucune proposition jusque-là.

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