Le Maroc met un terme au litige avec les diplômés chômeurs

23 août 2007 - 01h19 - Ecrit par : L.A

Un récent accord intervenu entre le gouvernement marocain et une coalition de diplômés de l’université au chômage promet de mettre un terme à un conflit révélateur des problèmes du pays en matière d’enseignement et d’emploi. Le gouvernement s’est engagé à assurer le traitement préférentiel aux examens d’entrée et à fournir une formation complémentaire aux demandeurs, à condition qu’ils mettent un terme à leurs revendications publiques.

Au Maroc, les diplômés de l’université sont depuis longtemps confrontés à un problème d’emploi et nombre d’entre eux se sont regroupés pour demander des postes au sein de la fonction publique du pays. Cette crise semble désormais en passe de bénéficier d’une solution favorable. Lors d’une rencontre le 17 août, le Premier Ministre Driss Jettou et des représentants des trois mille diplômés ont signé un accord visant leur intégration sur le marché de l’emploi.

Selon les plans du gouvernement, les diplômés concernés seront prioritaires pour les examens de recrutement dans la fonction publique. Ce plan avait été élaboré début août, après que le groupe eût rejeté d’autres propositions gouvernementales comme le programme "Moukawalati", qui prévoit l’attribution de subventions aux futurs chefs d’entreprises.

Les listes comportant les noms de toutes les personnes concernées par cet accord seront distribuées à tous les ministères, établissements et entreprises publiques. Le gouvernement a également déclaré qu’il comptait mettre en place une commission spéciale chargée de surveiller le processus et d’informer les personnes concernées de leur priorité dans les concours prévus.

Driss El Gurerraoui, conseiller auprès du Premier Ministre, a indiqué que l’époque du recrutement direct dans la fonction publique était révolue, mais que cet accord permettrait d’offrir plus d’opportunités aux diplômés chômeurs.

Un programme de reconversion a également été adopté visant à qualifier environ 1 000 diplômés chômeurs pour de nouveaux emplois. Ils bénéficieront pendant une période allant de six mois à un an d’une formation supplémentaire au sein des meilleurs instituts, grandes écoles et universités, dont Al Akhawayne, l’Institut du Tourisme et d’autres. Ce programme débutera en septembre. Selon le gouvernement, qui prendra à sa charge l’ensemble des coûts de cette formation, l’objectif est de faciliter l’intégration de ces citoyens sur le marché de l’emploi, en particulier dans des secteurs porteurs pour l’économie marocaine.

Les bénéficiaires se félicitent de la conclusion de cet accord, estimant que cette initiative gouvernementale est un prélude au règlement du dossier des cadres supérieurs chercheurs d’emploi. Abdellatif El Moustakfi, secrétaire général du Groupement National des Diplômés Chômeurs, assure que la signature de cet accord en présence du Premier Ministre est une initiative prometteuse. "J’espère que la résolution de ce dossier se fera selon une approche sociale. En effet, il faut prendre en compte l’âge des membres du groupe et la catégorie de leurs diplômes", déclare-t-il.

Jamal Fellah, licencié en droit, déclare que cette initiative changera la vie de bon nombre de diplômés. "Ils sont nombreux à attendre une décision pareille. Certains ont dépassé l’âge de quarante ans, et ils vont pouvoir enfin trouver un boulot", explique-t-il.

En contrepartie, les membres des groupes concernés s’engagent à cesser toute forme de protestation dans la rue ou devant les édifices ou les administrations publics, comme ils le faisaient auparavant.

Cet accord ne bénéficiera qu’aux titulaires d’un diplôme. Il ne cherche pas à apporter une solution au problème du chômage dans le pays. Des centaines de salariés sans emploi participent régulièrement à des sit-ins, pour demander au gouvernement la création de nouveaux postes au sein de la fonction publique. Certains d’entre eux ont tenté de se suicider. Ils sont allés jusqu’à s’immoler sur la place publique de Rabat. Il ne font pas confiance au secteur privé et estiment que puisque l’Etat les a formés, il se doit de leur garantir un emploi digne de leurs niveaux d’études.

Magharebia - Sarah Touahri

Tags : Etudiants - Education - Emploi

Nous vous recommandons

Les aéroports de Casablanca et Marrakech dans le top 10 africain

Les aéroports de Marrakech et de Casablanca sont parmi les meilleurs aéroports en Afrique. C’est ce qui ressort du classement 2021 de l’agence internationale de notation du transport aérien, Skytrax.

L’ONSSA réagit au scandale des « vers dans le tagine »

Le scandale du tajine d’Azilal a remis sur le tapis la question de l’hygiène dans les restaurants au Maroc. L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a tenu à apporter quelques précisions sur cette affaire de vers trouvés dans...

Voyage au Maroc : fin du test PCR. Quid du pass vaccinal ? (Màj)

Présenter un test PCR avant d’entrer au Maroc n’est plus une obligation. Le gouvernement marocain vient d’opter pour l’annulation de cette condition, telle que suggérée par plusieurs experts du secteur sanitaire et plusieurs professionnels du secteur du...

Le meilleur boulanger de Paris est Maghrébin

Makram Akrout, 42 ans, s’est vu attribuer le prix de la « meilleure baguette de Paris » samedi dernier. Une consécration pour cet ancien sans-papier tunisien et fils de boulanger.

Divorcée, l’influenceuse Maya en quête de recette pour elle-même

Le mariage de la célèbre danseuse Maya n’a duré que le temps d’un feu de paille. Divorcée, l’influenceuse qui donne des conseils aux femmes pour dominer leurs maris est en quête de recette pour elle-même.

Des familles marocaines bientôt à la rue en Espagne

Fatima Maknassi, 31 ans, et Rachid El Yagoubi, 51 ans, ont été expulsés de leur logement à Madrid l’année dernière. Le couple marocain est toujours à la recherche d’un logement décent.

Covid-19 : nouvelles conditions d’entrée au Maroc

Le ministère de la Santé a procédé à l’actualisation des listes des pays classés A ou B, ainsi que les dispositions sanitaires pour les voyages internationaux. Ces nouvelles dispositions entrent en vigueur ce jeudi 18...

Les parents de Monim, rapatrié, regrettent son retour au Maroc

Monim Almaymoni fait partie de la première vague de mineurs du centre sportif de Santa Amelia rapatriés au Maroc. Ses parents, qui l’ont poussé à partir, regrettent son retour. Le jeune homme aussi guette la moindre occasion pour retourner à...

Les propos d’Eric Zemmour sur l’islam font réagir le CFCM

Des propos tenus par Eric Zemmour dans un entretien avec le philosophe Michel Onfray sur l’islam, ont fait réagir le Conseil français du culte musulman (CFCM).

Eyal David rejoint l’ambassade d’Israël au Maroc

Eyal David, ambassadeur adjoint d’Israël à Nairobi, se rendra bientôt au Maroc, où il a été nommé numéro 2 de l’ambassade de l’État hébreu à Rabat.