Maroc–France : Fourtou ou la soupe à la grimace …

- 20h40 - France - Ecrit par : L.A

Dans le cadre du 9ème séminaire entre la France et le Maroc, qui s’est tenu les 17 et 18 avril 2008 à Rabat, le groupe d’impulsion économique présidé par le binôme composé de Jean-René Fourtou, Président du Conseil de Surveillance de Vivendi (et actionnaire majoritaire de Maroc Telecom) et de Mustapha Bakkoury, Directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), a animé les débats.

Au-delà des 17 accords (justice, social, équipement/transport, éducation,…), sous la présidence d’Abbas El Fassi, Premier ministre Marocain et de son homologue Français, François Fillon, l’ambiance et l’atmosphère qui ont régné tout au long des débats méritent une attention toute particulière. On a vu un Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères, très à l’aise dans son costume de « patron » du Quai d’Orsay. Plus à son avantage que sur le « dossier » de la Chine et du Tibet. Sourire aux lèvres, gestes amicaux ou encore tenue décontractée, il a joué la carte de l’affectif. Un choix judicieux. Alors que sa côte de popularité est en berne dans l’Hexagone, Bernard Kouchner a gagné des points auprès du personnel administratif de la Primature et des Affaires Etrangères.

Un état d’esprit bien différent que celui des décideurs politiques du Royaume, présents à la table ronde. En effet, tout a débuté lors de la prise de parole de Jean-René Fourtou. Celui-ci mettait en perspective l’analyse de l’environnement socioéconomique du Maroc. Il saluait le lancement et le train de réformes entrepris par le pays, la vision 2010, le plan Emergence et la mise en place d’une nouvelle politique industrielle,… Puis, l’ancien Pdg de Vivendi évoquait les facteurs limitant pour l’essor économique harmonieux et solidaire. « L’indisponibilité d’une ressource humaine dont la qualification professionnelle est en adéquation avec les besoins des opérateurs économiques, une fiscalité inadaptée aux attentes d’investisseurs potentiels et un environnement juridique instable sont autant de facteurs qui empêchent le Maroc de doper son attractivité économique », indiquait-il sur un ton mesuré. Il « enfonçait le clou » en prenant pour référence l’Irlande. « L’Irlande est un territoire où la fiscalité en vigueur permet d’intensifier le flux d’investissements », devait-il affirmer.

Drôle de situation. Au vue des visages, quelque peu grimaçants de certains ministres et autres représentants d’institutions professionnelles, la pilule passe mal, très mal. Le menu de la réunion n’avaient guère prévu de soupe… à la grimace. « C’est carrément fou ! La France a des intérêts économiques de taille au Maroc et une place de choix lui est accordée par l’Etat.

Du tac au tac...

Et par-dessus le marché, un patron Français s’offre le luxe de porter des critiques sur notre espace socioéconomique en présence de membres du gouvernement. C’est hallucinant ! », précisait un acteur économique qui a préféré préserver l’anonymat. Du côté de la classe dirigeante, et de son plus haut représentant, Abbas El Fassi, l’appréciation est (beaucoup) plus nuancée. « La France est le partenaire politique et économique le plus important du Maroc. Sur les sujets évoqués par Jean-René Fourtou, nous sommes plus que conscients de la situation. Des politiques publiques sont en cours pour pallier ces déficits », déclarait le Premier ministre.

Pour Salaheddine Mezouar, ministre en charge de l’économie et des finances publiques, il n’y a pas lieu de s’alerter. Il faut comparer le comparable. Les pays européens, dont l’Irlande, ont largement bénéficié du soutien de l’Union européenne pour se développer et assurer leur essor économique. Le Maroc n’est pas un pays qui regorge de richesses. Il doit donc tenir compte de cette donne pour établir une fiscalité qui respecte les grands équilibres politiques, économiques et sociaux. Des efforts sont consentis avec la baisse de l’Impôt sur les sociétés (IS) et celle qui va prochainement concerner l’Impôt sur le revenu (IR) », indique l’argentier du pays.

Une réplique pertinente qui aurait eu encore plus de force (et d’écho) dans le cadre des débats et non en dehors du périmètre de…jeu.

Source : La Nouvelle Tribune - Rachid Hallaouy

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