Maroc : la dure réalité des employées domestiques en ces temps de covid-19

- 13h30 - Maroc - Ecrit par : S.A

Bon nombre d’employées domestiques au Maroc se retrouvent dans le dénuement en ces temps de coronavirus et de confinement. Leurs droits sont piétinés et leur dignité bafouée.

Depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire, la vie de Fouzia a basculé. La quarantenaire, qui vit avec ses trois enfants à douar Chlihate, à Rahma, a été confrontée à une situation délicate. Ses employeurs -un couple de fonctionnaires- lui ont demandé de choisir entre rester confinée avec eux sans le droit de sortir ou perdre son emploi. En d’autres termes, choisir entre son devoir de mère et ses engagements professionnels.

"Je suis seule, je n’ai personne pour garder mes enfants et pour prendre soin d’eux et mes employeurs avaient peur que je ramène le virus chez eux. Je n’avais pas vraiment le choix", relate-t-elle. Elle entreprend des démarches pour bénéficier de l’aide de l’État. Sans succès. Et pour cause, elle n’a pas de carte RAMED. Elle devra désormais compter sur certaines aides pour s’en sortir. "Sans les paniers et les aides des associations et d’autres bienfaiteurs, mes enfants auraient pu mourir de faim", confie-t-elle à l’Observateur.

"Elles sont nombreuses ces employées virées à cause du confinement, sans aucune considération pour leur situation familiale. Lâchées dans un moment de crise sans indemnités, elles se sont retrouvées dans la rue en train de chercher désespérément de l’aide. Du statut digne de travailleuse domestique, elles sont devenues presque des mendiantes", explique Bouchra Abdou de l’association Tahadi pour l’égalité.

Amina, 43 ans, travaille pour des expatriés russes. Elle ne vit pas la même situation. Son emploi est préservé. Elle reconnaît toutefois la détresse de ses amies. "Plusieurs de mes amies vivent dans des situations extrêmement critiques. Pour la plupart responsables principales ou uniques de leurs foyers, elles sont les seules pourvoyeuses de fonds. Certaines prennent en charge des maris et des enfants, des parents, des frères et des sœurs. Avec le confinement qui se prolonge, les salaires gelés, les opportunités d’emploi rares voire nulles et les maigres épargnes qui s’envolent, c’est une souffrance collective", témoigne-t-elle à l’Observateur.

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