Le Maroc veut pénaliser les violences à l’égard des femmes

- 17h08 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’initiative récente du gouvernement marocain visant à lutter contre les violences faites aux femmes va de la mise en place de nouveaux centres d’écoute et d’abri pour les femmes battues à une révision du Code pénal, afin de pénaliser les violences liées au sexe.

Le Ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité Nouzha Skalli, qui avait annoncé ce plan d’action le 27 mars, a précisé qu’il envisageait la création de seize nouveaux centres cette année pour les femmes victimes de violences, la tenue d’une enquête nationale pour déterminer la prévalence des violences liées au sexe et la mise en place d’un centre de réinsertion pilote destiné à aider les hommes à contrôler certains comportements violents liés à des problèmes psychiatriques.

La préparation d’un projet de loi destiné à pénaliser les violences à l’égard des femmes sera toutefois l’objectif principal, a précisé la directrice des affaires de la femme, de la famille et de l’enfance au ministère, Naima Benyahya. Bien que le Moudawana, le Code de la famille, ait été révisé en 2006 pour donner aux femmes plus de droits dans le cadre du mariage et du divorce, il est maintenant temps de rouvrir le débat et d’étendre le Code pénal, a-t-elle déclaré.

"Il s’agit de donner une définition précise de la violence à l’égard de la femme ainsi que d’introduire des articles répressifs au Code pénal pour combattre ce fléau, et d’en annuler d’autres, tels que la preuve que doit apporter la femme pour prouver l’acte de violence alors que le phénomène se déroule dans un cercle fermé en l’absence de témoins", a expliqué le ministre Skalli à Magharebia, ajoutant que la parole de la femme doit être prise en tant que preuve, à l’instar des procédures appliquées dans d’autres pays.

Elle a également souligné que ce projet de loi s’inspire des principes de l’Islam, des valeurs de la société marocaine et des acquis réalisés par le pays dans le domaine de la préservation des droits de la femme.

D’après les responsables, plusieurs lacunes dans la loi freinent la campagne contre la violence. De plus, tout projet visant à réformer la législation existante et à assurer la mise en oeuvre de nouvelles dispositions est compromis par le manque de magistrats spécialisés et de personnels expérimentés dans le domaine de l’action sociale.

Les chiffres enregistrés au cours des trois derniers mois laissent apparaître l’urgence de la situation. Selon le ministère, les services des centres d’écoute ont déjà enregistré durant l’année en cours quelque 17 000 cas de violence, dont 78,8 pour cent ont été commis par le mari.

Selon Mme Skalli, la violence conjugale est due à une mentalité basée sur le machisme. Ainsi son ministère-t-il adopte une vision axée sur la nécessité de lancer des campagnes de sensibilisation, en collaboration avec les Ministères de l’Education Nationale et des Affaires Islamiques, pour mettre en place une culture visant à instaurer l’égalité entre les sexes.

Siham Badawi, membre de l’ONG "Dialogue pour le Développement", a déclaré à Magharebia que seule une intervention de l’Etat pourra garantir la protection des femmes.

"On attend avec une grande impatience la réforme de la loi pour que les verdicts soient sévères, afin de dissuader une grande majorité des hommes", a-t-elle déclaré.

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