Comment le Maroc a pris le dessus sur l’Espagne

- 13h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

Quatre ans après le revirement espagnol sur le Sahara occidental, Rabat renforce son influence mondiale. Soutenu par Washington, le Royaume impose son tempo face à une Espagne sur la défensive, incapable de contrer la stratégie de long terme marocaine.

Le 18 mars 2022 a marqué un tournant historique avec la lettre de Pedro Sánchez alignant l’Espagne sur les thèses marocaines d’autonomie pour le Sahara. Ce virage à 180 degrés, qui a dynamité les relations avec l’Algérie, est perçu comme une preuve que le Maroc garde toujours une longueur d’avance. Pour le média La Razón, Rabat ne cesse d’accroître son poids international, souvent au détriment des intérêts de Madrid.

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L’alliance entre Washington et Rabat s’est consolidée avec les accords d’Abraham en 2020, incluant la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Sous le second mandat de Donald Trump, le Maroc s’affirme comme le partenaire prioritaire des États-Unis dans la région. Cette proximité est telle que l’éventualité d’un transfert des bases militaires de Rota et Morón vers le sol marocain est désormais ouvertement évoquée.

La force du Royaume réside dans sa vision à long terme, propre à une monarchie, contrairement aux cycles courts de la démocratie espagnole. Selon un diplomate cité par La Razón, Rabat a « des kilomètres d’avance » grâce à un lobbying efficace à Bruxelles et Washington. Tandis que l’Espagne se contente de réagir aux crises, le Maroc manœuvre et gère le calendrier diplomatique pour servir ses priorités économiques.

Le dossier des enclaves de Ceuta et Melilla illustre parfaitement cette dynamique de pression. Rabat utilise l’ouverture ou la fermeture des douanes commerciales comme un levier politique permanent. Malgré les discours rassurants du gouvernement espagnol sur une prétendue « normalité » frontalière, la réalité sur le terrain reste bloquée. Pour le Maroc, ces frontières sont un outil pour contester, à sa guise, la souveraineté espagnole.

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Enfin, l’audace marocaine est alimentée par des voix internationales influentes. L’expert Michael Rubin a récemment suggéré une nouvelle « Marche Verte » vers Ceuta et Melilla pour y hisser le drapeau marocain. De telles déclarations affaiblissent la position de Madrid, notamment au sein de l’OTAN, alors que Rabat traite la relation avec son voisin comme un enjeu stratégique central s’étendant sur plusieurs décennies.